17.12.2008

Tends une chanson à ta porte et tu verras rappliquer les copains

 

(j'ai une maladie en période de Noël, je fais des listes!)

 

 

Chanson pour faire son footing : Saints and dates de Koby Israelite.

Chanson pour faire l’amour à son caniche nain : Everybody loves somebody de Dean Martin.

Chanson pour Cindy : Pictures (of Cindy) de Josef K.

Chanson pour Zo : Chanson pour Zo de Jérôme Attal.

Chanson de mano à Mano : In the garden de Mano Solo.

Chanson pour dormir : Sleepy time de Raymond Scott.

Chanson pour ne rien faire de trop surfait après avoir fait la fête chez Big Fat Simon : Mélodie hongroise de Schubert.

Chanson pour détendre la blogosphère : Lady Eleanor de Lindisfarne.

Chanson pour faire de l’œil à un label : From A to B and back again de Mondrian.

Chanson pour Noël : La chanson de Noël de Jérôme Attal.

Chanson pour sentir bon : Pour une homme de Caron de Serge Gainsbourg.

Chanson du pays des filles qui sentent bon : Le pays des filles qui sentent bon de Jérôme Attal.

Chanson pour la postérité : Tralala song de Werther or Stavroguine.

 

 

16.12.2008

Pensée/Classer

 

 

 

 

C’est par un pur hasard, coincé entre les trilogies P.O.L. de Guillaume Dustan et d’Edouard Levé, que j’ai remis la main sur un CD gravé des chansons de Patrick Dewaere, sorti de son étui et fatalement dans un piètre état. Au cas où vous ne seriez pas dans la confidence, il n’y a pas que Joaquin Phoenix qui veut plaquer le métier d’acteur pour celui de musicien.

 

 

~

 

 

Les chansons de Patrick Dewaere sont écoutables sur Bide et Musique, sic. Les chansons de Patrick Dewaere sont une série noire qui équivaut un coup de tête dans les valseuses.

 

 

~

 

 

Je me rappelle maintenant qu’un copain avait acheté la bio écrite par sa mère juste pour cette poignée de chansons, disponibles désormais sur le site Bide & Musique, je réitère, c’est bidonnant.

 

 

~

 

 

Dire que Patrick Dewaere est mort sans avoir pu faire une seule fois du vélib’… Une petite pensée.

 

 

~

 

 

Les filles du Moulin Rouge sont bien vertes.

Les filles rue du Moulin Vert sont dans le rouge.

 

 

~

 

 

A l’occasion faites-moi penser de classer ces anecdotes par ordre d’importance : ainsi, éliminer celles qui n’en ont vraiment vraiment aucune, ou celles qui en prennent trop, ce qui revient au même.

 

 

 

 

15.12.2008

Et tout le reste n'est que musique, ou presque...

 

 

Reformation la plus attendue : les Beatles sans Ringo Starr mais avec Vincent Delerm au djumbé.

 

 

Meilleure chanson 2008 : Time to pretend de MGMT.

 

 

Revival hippie chic qui fait bien quand on se fait une soirée raclette entre "Kooples" : Vetiver.

 

 

Le dernier sauveur du rock : Kurt Cobain ex-aequo avec Bernard Lenoir enfin John Peel je voulais dire.

 

 

Groupe artsy qui pourrait pondre un truc génial s’il se remuait un peu : The Sleepy Jacksons.

 

 

Last of the riffs : celui de I round the bend des Kid Bombardos.

 

 

Meilleur titre de chanson de tous les temps : Je ne te defends même plus quand on te traite de conne de Jérôme Attal, juste devant I Know Someone Who Knows Someone Who Knows Alan McGee Quite Well de The Pooh Sticks et At home he’s a tourist de Gang of Four.

 

 

Les 3 qu’on-comprend-pas-comment-ça-marche-autant : Klaxons, Phoenix, Foals.

 

 

Les 3 qui tutoient les Dieux : Peter Bjorn and John.

 

 

Titre de LP idéal : Pop shop.

 

 

La plus belle musique de tous les temps : My funny valentine.

 

 

La B.O. intemporelle : Dead man.

 

 

Le mec qu’on-croit-qu’il-est-mort-mais-non-il-bave : Tony Truant.

 

 

Figure de la scène la plus sous-estimée : inconnue pour le moment.

 

 

La dignité incarnée ou comment devenir une superstar « les trucs » en moins : Arcade Fire.

 

 

Groupe à suivre : Of Montreal.

 

 

Groupe qui devrait splitter et vendre des mocassins en croûte de porc à Clignancourt : The Dandy Warhols.

 

 

Les indétrônables hautains : Radio(big)head.

 

 

L’artiste Inrocks qui saoule et qui devrait se faire Justice lui-même...

 

 

Celui qu’on n’attend pas mais qui touche à la gratte : Peter Von Poehl.

 

 

Le support de l’avenir : le 33 tours (« J’ai toujours un saphir sur moi »).

 

 

Le buzz à venir selon Nostradamus : le retour du CD single à trois titres.

 

 

Le groupe qu’on a perdu en route : Clap your hands and say… comment déjà ?

 

 

Grosse découverte pers (et grossière erreur de pas l’avoir découverte plus tôt) : Fujiya & Miyagi.

 

 

 

 

 

 

12.12.2008

Le petit Bourvil perdu (pas pour tout le monde)

 

 

 

Il n’y pas si longtemps, j’étais féru de Lacan. Puis j’ai changé. Chez moi, la passion se conjugue au pluriel et permute tous les six mois. Aventurier flibustier sans discernement, je mangeais-buvais-dormais Lacan. Puis j’ai douté. Il fallait que cela arrive, c’est signe de bonne santé. Si Lacan, lui, n’a jamais douté, alors le doute est un mensonge, me disais-je. Pourtant, Lacan n’avait qu’une chose à faire : l’inventer. Et il ne l’a pas fait. Pour mon grand malheur, pour le sien peut-être aussi, puisque je l’ai quitté, oui, j’ai quitté Lacan… pour Bourvil. L’image de marque en prit un coup. Un peu comme si un surdoué se suicidait avec une calculette. Pourtant, tout le monde disait de moi que je partais bien dans la vie. Si jeune et si peu radical… Ils se la sont prise en pleine tronche, ma radicalité : BOURVIL ! Ils ont d’abord crû à l’association redondante des mots « bourg » et « ville », sans remettre en cause leur interprétation. Il faut dire que pareil revirement de coutille surprend, à s’en crever les yeux avec des fourchettes en plastique, dis donc. Il n’est pas permis de rire de Bourvil-chanteur en ma présence. Le petit bal perdu, la tendresse, Bien si bien, Ballade irlandaise, Bonjour Monsieur le maître d’école, Les girafes : autant de chansons féeriques. Bourvil a la voix, de tous les chanteurs, qui me touche le plus. Il y en a comme ça quelques unes qui, lorsque je les entends à la radio ou ailleurs, m’obligent à stopper net toute activité : Serge Reggiani, Fanny Ardant, Michael Stipe, Hervé Guibert, Louis Jouvet, Mathieu Boogaerts, Jean-Pierre Léaud, Jeanne Balibar, Guillaume Dustan, Arletty. Je crois que la liste est complète. Celles-ci sont les voix « parlées ». Mais en voix chantée, rien d’important mis à part Bourvil.

 

 

 

 

11.12.2008

Joindre les deux bouts de la bande

 

 

Je me souviens d’une K7 sur laquelle ma mère avait compilé Wonderful life de Black, Kingston town de UB40, The ballad of Lucie Jordan de Marianne Faithfull, Me and Mr Jones de Marvin Gaye… Cette K7, à force de prendre des bains de soleil sur la plage arrière de la Talbo, a jeté son acte de naissance un jour de juillet 1996, entre Menton et Beaulieu-sur-Mer. C’est ce jour-là qu’on m’a coupé le cordon, car cette K7 était l’ombilic des mes limbes, le nombril de l’abîme musical dans lequel j’évoluais en amibe. Vous voyez, je vous dis tout. J’eus beau rescotcher la bande magnétique, dévisser avec une clé de 12 les protections anti-roulis… rien n’y fit : elle fit fi des soins qui furent les miens. Moi qui me range habituellement du côté des mutiques, je devins colérique pour un rien, agressif comme un chien, et surtout beaucoup rien sans cette K7 qui avait du chien. Trop de manœuvres, trop de tactiques, trop de calcul dans ce coup du sort. On m’obligeait à lever la tête, à ne plus headbanger et shoegazer, mon casque sur les oreilles qu’il vente ou qu’il sente. On tenait à ce que je me socialise, me jovialise. Que j’aille m’ébrouer dans les vagues avec un congénère sensiblement du même âge et un peu touche-pipi sur les bords. Que je bronze utile. Que je mange des beignets fourrés au lieu de fourrer mon mange-disques. On me laisDSCN9617.jpgserait même faire le mur si je prenais goût aux « vacances ». Pstt ! Inenvisageable. Je suis resté le plus démuni des plagistes, mais aussi le plus démuni devant les plages vides de ma Hi-Fi. Alors, finir face contre sol ou finir face B ? D’où je suis allé voir la putain de hippie qui tirait le tarot sur la place du marché. Elle n’acceptait la demande que si l’on pliait sa jambe droite derrière la nuque et qu’on arrivait, avec une des trois autres jambes shivaiques qui vous reste, à se curer le nez, au mieux… Elle commença par griller des grains de café dans ma main, avec un Bic Jean-Pierre Papin à la pierre lisse. Elle s’escrimait tant sur mes lignes qu’elle dut me faire patienter en me gavant, à dose humanitaire tout de même, de la pâte d’orgeat dans la bouche. Je ne savais pas pourquoi j’étais là, mais il fallait que je le fasse. D’ailleurs, je ne sais pas pourquoi je vous raconte ça, mais idem, il faut que je le fasse. Finalement, elle m’a sorti que mon karma était trop « électrocardiographiquement instable » pour qu’elle puisse effectuer « une immersion insubdivisible dans mon moi ». Je ne lui demandais pourtant pas de résultats, ni à se justifier bordel, je lui demandais juste un peu de compagnie. Je m’en vins comme j’étais venu, mon larefeuille en moins. La confiance entre les peuples, dit-on. Mes parents m’attendaient pour souper. On est d’accord, souper, c’est dîner de soupe, et l’été, on dîne de soupe froide. Le gaspacho atterrit dans la piscine de la résidence « Les sables d’or ». Un dripping digne d’un Pollock niveau troisième étage, deuxième porte à gauche. Si j’avais mérité mes trois jours de réclusion ! Au pain et à l’eau, oui, mais loin du bain et de l’océan. Je fis bon usage de ces vraies vacances : je fis le deuil de ma K7. Premier jour : destruction à la main de l’objet en question. Deuxième jour : embaumement figaroesque. Troisième jour : catapultage dans le vide à ordures. Les jours qui suivirent furent ces fameux jours où je me réconciliais avec mon existence de légume. Depuis, je reste sur la plage à me passer de l’anti-bronzant par hectolitres, c’est pathétique n’est-ce pas ? « Sans musique, la vie est une erreur », disait l’autre…

 

 

 

10.12.2008

Beware! The killer!

Aujourd'hui pas de :

le jour où j'ai rien à dire.jpg

 

 

Simplement quelques images animées :

09.12.2008

Rapprochements douteux

 

Au hasard d’une Sub Pop Compilation, je me vois trouver des liens de parenté entre le Sofa or a chair des Vague-Leys et un dessin de Quentin Blake, une de ces poules au contour si fragile.

 

Quelle présence pesante que Régis Jauffret et son lâchée de « petite salope » sur le plateau de Ce soir ou jamais, que désire-t-il au juste, égaler Michel Houellebecq et sa Présence humaine ?

 

Les incompatibles ensemble : Marc-Edouard Nabe et Jean-Louis Murat.

 

L’érotisme bonenfant de Gilles Bachelet dans Hôtel des voyageurs et la rose fraîcheur de Avant tout I want you d’Albin de la Simone.

 

Les allumés du Grand Jeu et les jeux de mots dans Light my fire, Blondin en Hussard et Lucien en Gainsbarre, Louis-Ferdinand et Franz Ferdinand.

 

Thierry Metz et Strasbourg des Rakes. Le derby.

 

07.12.2008

Bleu pétrolette

 

 

Il habite un deux-pièces humide. Les murs décatis font des grumeaux. Ils les isolent avec des piles de Métal Hurlant, Lui et Détective. Il me soutient qu’il n’y a plus que chez Darti que l’on peut trouver des saphirs, puis remplace le vieux par le neuf pour écouter le nouveau Bashung qu’il a acheté en 33 tours. On est tout de suite unanime : Tant de nuits est notre morceau préférée. Un non-sens ? Les paroliers de cette chanson : Joseph d’Anvers et Arman Méliès. Deux nouvelles figures de la chanson française qui, en solo, ne nous ont jamais paru très brillant. On n’en vient à ne pas faire de psychologie, puisque de toute façon nous avions à peu de choses près la même opinion sur Manset, et qu’il signe une chanson magnifique ou mirifique ou les deux : Comme un légo.

 

Ce même ami a suivi son idole tout au long de quelques dates françaises. Je n’ai pour ma part jamais fait plus de mille pas pour aller voir un concert, idole ou pas idole. Lui, il s’en est allé, quitte à y laisser sa dignité, à Rouen, à Metz, à … Il m’a narré le périple : au micro schockmount U87 une speakrine, un podium avec dessus comme un légo (décidemment) l’artiste, que l’on encourage à sortir des coulisses avec un « allez, allez » footbalistique. Détrompez-vous, cela n’est en rien amusant.

 

Pour ne pas faire le pas de trop, je reviens à Tant de nuits. C’est la chanson numéro 3 de Bleu pétrole. J’ai établi de suite le parallèle : Demain sans importance, la chanson numéro 3 de Comme elle se donne. Des thèmes proches : la perte, l’amertume d’être passé à côté de, la reconstruction impossible ; un rythme flottant, un refrain obsédant ; la voix grave de celui qui se retourne ; et puis le côté disons-qu’il-est-trop-tard-pour-

regretter-alors-on-verra-si-demain-pourvoira-en-choses-meilleures.

 

Résultat des courses : mieux vaut, après l’écoute successive de ces titres, se poiler devant La vieille fille de Jean-Pierre Blanc, ou sinon vous finirez au vin moldave avec tous les René du PMU Le Flash rue Mouton-Duvernet, c’est moi qui vous le dis.

 

05.12.2008

Comment te dire adieu

 

 

Les centres commerciaux, je déteste. Ça sent la jungle de chez Jean-Louis David, la moquette mal séchée du Décathlon, l’andouillette vaguement AAA du Flunch. Je me souviens d’un magasin de disques dans le Centre Commercial Auchan-Plaisir. Le patron avait un clébard qui venait renifler mes habitudes de fétichiste des remix single de Michael Jackson. Des imports. Son maître, un viking à l’oreille percée, ne mettait des antivols que sur les CD de rap « explicit lyrics ».

 

C’est son chien qui me fit penser que je venais de perdre le mien. Véridique, j’étais venu ce jour-là pour acheter un disque en étant sûr qu’une musique me ferait atteindre la profondeur de la douleur que je cherchais à épuiser. Eludant mes questions béton fer brut (il ne savait absolument pas « recevoir » : ça me plaisait à vrai dire), il me dirigea vers du Satie, Les gnossiennes, et me passa le bonsoir.

 

Rentré chez moi, je mis le disque et les notes ne correspondirent pas à ma souffrance. Ma déception devint insupportable. Le Bernard Lenoir du pauvre avait crée un autre manque, et je le tenais pour responsable. Je revins faire chorus de ma désillusion pure.

 

Entre-temps, il avait décoré ses bacs de mini-luminaires en liane pour fête à neuneu… C’était bientôt Noël, comme si on ne le savait pas.

 

Tu fais le difficile, petit. Qu’est-ce qu’un conseil ? Qu’est-ce qui console ? me dit-il. On vit dans une société de loisirs où l’on donne de plus en plus de temps aux gens pour qu’ils se cultivent, moneuillui, ils se crétinisent un peu plus et se détournent de ce qui fait la vie : la curiosité. D’où un dégoût de la vie qui les prend de plus en plus tôt. Alors, c’est à toi de chercher. Utilise ton instinct. Il devait me prendre pour un clébard. Allez, cherche.

 

Et quand bien même fussent fondés ses dires, j’en avais rien à fiche, ce que je voulais moi, c’était un autre disque. Voyant que je ne décolère pas, l’ours forain me met dans les mains Tea for the Tillerman de Cat Stevens, plus une commission. Vous allez me dire, l'association Cat & chien, ça frôle l'indécence… How can I tell you me brisa le palpitant. Le souvenir me rend spongieux.

 

 

File1591.jpg


 

 

04.12.2008

Mes yeux dans ceux de Tuxedomoon

Le regard de Winston Tong ou celui de René Crevel, peu importe, qu’on conservera comme le regard du poète-en-personne. Un regard mangé par l’infini. La mer jusqu’où.

tof pour Mes yeux ds...Crevel.jpg

~

  

Crash test party

 

Ce fut

Au tour

D’un poids lourd

De tenter

Une allusion

A Tuxedomoon

 

~

  

Toutes les notes