31.03.2009
Les arrivistes prennent le pouvoir
En ce moment, je dois ramollir de l’hypophyse puisque je suis magnanime sur tout.
J’ai « plutôt » apprécié le spectacle de l’ex-critique à Rock Sound Thomas VDB (pourtant sans dB ni bpm). Même si les comiques de maintenant ont tous les mêmes mimiques…
J’ai « plutôt » apprécié J’ai toujours rêvé d’être un gangster (le truc poseur par excellence, avais-je pensé). Même si, sans Jim Jarmush, Samuel Benchetrit shooterait avec un gun à billes…
Je dois être dans ma période « summer is comin’, entertainment with Mainstream ».
Pour preuve : le Eagles Goth des Eagles of Death Metal tourne en boucle sur ma playlist Deezer.
30.03.2009
Twin Freaks, Part #3
Le feuilleton du lundi soir 20H45
Part #3 : Un second couteau
En tout bon étudiant des HELS (Hautes Etudes du Lien Social) qui se respecte, je m’en allais dès poltron-minou voir Mère-Grand. Mère-Grand n’est pas ma granny mais un H2O. C’est comme ça qu’on appelle les hommes incarcérés dans le bâtiment hautement et étroitement surveillé de la prison de Tchin-Tchin. Vous aurez compris, Tchin-Tchin est un délicat jeu de mots entre Sing-Sing et La Santé. Suite à une condamnation émanant du tribunal militaire, on l’envoya roucouler des jours meilleurs sous les cocotiers en plastique de Tchin-Tchin. Les lettres asilaires qu’il m’envoyait me reste encore en bouche : « Ici, la serre est gelée. De jour en jour, on se vautre un peu plus. Hier, j’ai réussi à prendre une orange en otage, une de celles que Karim L’Ancien nous vend pour le prix de 3 ». Foin de paperasserie, parlons de Mère-Grand post-mitard. Quand je suis en froid avec Mère-Grand, j’appelle quelqu’un de précis à la rescousse. Lui aussi est un HELS’s ANGEL. J’admire les gens qui savent rester léger en toute circonstance. Rien qu’à côtoyer ces gens-là et ils vous allègent. L’exemple-type : Rougeaud. Rougeaud est un fluide pour moi. Il me facilite l’accès à l’autre. Avec Rougeaud, je m’abandonne littéralement au monde. Tout devient si simple, et surtout, tout recommence comme avant et c’est autant de gagné pour l’avenir qui nous désigne toujours perdant. Grâce à Rougeaud, je suis sûr que Mère-Grand va m’offrir le tea & sympathy, et grâce à Rougeaud, Rougeaud deviendra rougeaud, à force de petits remontants qui deviennent grands… La fin de l’après-midi se déroule au son de La Callas ou-je-ne-sais quel opéra de quat’ sous, d’ailleurs je m’en fous, on est là à la fraîche et ce qui m’importe, c’est de récolter quelques infos sur El Chincho. Je demande à Mère-grand si ce nom a déjà été zézayé en zonzon.
- Qui t’a parlé de lui ?
- Tonton en manteau d’hermine.
- Qu’est-ce qu’il lui veut ?
- Hé, oh, c’est-y pas moi qui suis censé poser les questions.
- Plus maintenant. Pourquoi Tonton en manteau d’hermine veut en causer à El Chincho ?
- Histoire de fesses.
- Merde. On va finir avec du sang sur les mains. L’honneur du mâle, c’est le musée-cimetière ici-bas. On va devoir battre froid le chaud lapin.
- T’explicites, ou tu laisses ça à Champollion ? dis-je en pointant du doigt Rougeaud, pionçant tout rencogné dans sa chauffeuse.
- Gamin, tu connais ma certaine réticence certaine à la culture…
- … (je me la donne modeste)
- Il va falloir que tu passes en première ligne.
- P’tain, je l’attendais celle-là, c’est toujours sur moi que retombe le sale boulot.
J’eus pour first mission de m’introduire dans le milieu très fermé des Latinos du Quartier Latin. Ce qu’on avait oublié de me dire, c’est que le Quartier Latinos s’étendait jusqu’au Marais.
- Tu m’aurais pas pris pour un bleu, Mère-Grand ? El Chincho, c’est une tatane, et tu le savais.
- Bien sûr. Je voulais que tu tâtes le terrain. Alors ?
- Alors, quoi ? Si tu veux que je te raconte que ces mecs, c’est pire que LaToya, bah ouaih, c’est pire. Leur Q.G., c’est le Palace Grande Epoque.
- Dis-moi en plus, voyons.
- OK, je sens l’incompréhension entre générations. On dirait que l’appétit du gain a permis à El Chincho de s’octroyer une bonne part du Ghetto. Laisse béton, Mère-Grand, on est gris, Tonton en manteau d’hermine peut se cuisiner des souvenirs.
- Gredin ! Ça fait combien de fois qu’à la distribution des médailles de fin d’année, tu ne ramasses rien ?
- … (je la joue comme Beckham)
- Bon, alors tu vas m’écouter maintenant et tu vas m’obéir au doigt et à la baguette : tu vas te débrouiller pour intégrer le clan des Latinos, peu importe le prix à payer, et le bizutage à subir !
- P’tain, Mère-Grand, si tu voulais m’ériger en martyr du Marais, tu ne ferais pas mieux !
- T’as tout compris, pour une fois, je commençais à me demander…
TO BE CONTINUED.
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29.03.2009
A la relecture
Travaillant
Lentement
A mon premier livre
Sur une phrase
Onze minutes
A prendre de la hauteur
Sur une virgule
Trente-sept secondes
Pour conclure qu’elle n’a pas sa place
A la relecture
Le lendemain matin
Jeter une page de brouillon sur deux
En boule dans la poubelle
Une envie me prend : intituler ce post
L’exigence est une mante religieuse
Mais je trouve ça con
A la relecture
| Tags : roman oswald, premier roman, à la relecture
28.03.2009
Le jeune homme et la mort
La morale de l’histoire est que l’œuvre d’art est au moins une résistance, quelque chose (la seule ?) qui résiste à la mort. Alors va pour l’œuvre d’art ! me suis-je dit à la sortie de l’adolescence, ne sachant quoi faire pour échapper à la lucidité qui était la mienne (s’il faut chercher, cherchons du côté de l’atavisme, probablement) et ayant cette énergie qu’aucun ado ne sait canaliser. J’ai voulu une lutte où je ne serais pas trop perdant. Quelqu’un a-t-il un autre moyen pour bluffer la grande faucheuse ? Si oui, mon bigo, c’est le 06 82 17 09 01.
Chanson du jour : La jeune fille et la mort de Franz Peter Schubert.
| Tags : roman oswald, oeuvre d'art, mort, faucheuse, franz peter schubert
27.03.2009
La Flèche d'Or
Il serait question actuellement d'une fermeture définitive de La Flèche d'Or...
-Holà ! Qui est là ? Faites-vous connaître !
C’était à mon tour de décliner signalétique.

<-Roman Oswald, 24 ans, j’en parais 18 et je mets du 16 ans.
<-Comment ?
<-Oui oui, à la longue, je m’y fais. Avec, chaque année, l’espoir, non pas de grandir mais de me rider un peu, histoire de pouvoir entrer, d’ici mes trente ans, dans votre sacro-saint lieu sans avoir à sortir ma carte d’identité.
<-J’ai de la peine pour vous, allez, passez, me souffle le vigile.
Voilà comment j’ai passé l’épreuve du feu : entrer à La Flèche d’Or.
| Tags : roman oswald, la flèche d'or, vigile
26.03.2009
Twin Freaks, Part #2
Aparté exceptionnel au feuilleton du lundi soir 20H45
Part #2 : Bon début pour une souffrance
Jamais je n’eus pensé ajouter une page à l’Histoire de Twin Freaks aujourd’hui ! Je quitte mon nid pour vaquer à de la consommation nonchalante, entre terrasses de café et vitrines de shopping désintéressé. Pourtant, dès le pas de ma porte, je me sens comme un vieux marcheur devenu un vieil homme marchant. Si cette infime chose aurait dû avoir valeur de présage – c’est ce que l’on se dit après, je ne prends guère la peine de la décrypter. Je me pose là pour sentir et faire ressentir, le reste, à d’autres la réponse. J’atteins laborieusement l’A.P.C. Surplus de la rue André de Sarte où le 80’s kids des Curry & Coco carillonne. Je m’éponge le front avec un mouchoir. J’échappe de peu au malaise dans une friperie bondée rue Lamarck Caulaincourt. Accablé de rhumatismes, j’échoue finalement dans une brocante rue Legendre où j’hésite mais non pour un Perfecto groseille. Je me pose au Byrrh des Abbesses. Pour me remettre de ce marathon, je commande une part de tarte à la rhubarbe accompagnée d’un diabolo banane. A la tablée voisine, des métrosexuels se comparent le mastar. Et (et ne confondons pas mon naturel très ouvert avec cette indiscrétion de laquais) j’entends :
- Celle-là, OK, tu l’as pas volée, mais El Chincho a une liane qui traîne par terre, même qu’il est obligé de l’enrouler, je l’ai vue comme j’t’vois, il s’en est servie pour tarter un mauvais payeur, tiens pas plus tard qu’l’autre jour !
Dans ces conditions, qu’un seul truc à faire : aller rendre visite à Mère-Grand pour décortiquer l’affaire.
TO BE CONTINUED
25.03.2009
Arrosoir
Vous l’attendiez depuis longtemps (http://tableaudechasse.hautetfort.com/archive/2009/02/21/... & http://tableaudechasse.hautetfort.com/archive/2009/03/16/...)
J’aime tant le mot « arrosoir » que je l’emploie à la place de « au revoir ». On peut donc entendre à la place de « Oui, arrosoir, à demain ! » : « Oui, arrosoir à deux mains » ! Je l’emploie aussi à la place de « en retard ». Cela donne : « je suis si arrosoir ce matin ». Là, on comprend juste que je suis mal réveillé, ou fou, et dans les deux cas, je n’ai pas besoin de mots d’excuse, ou d’un mot de mon médecin traitant. Il m’arrive de dire : « Tiens, je m’en vais m’arrosoir un peu, histoire de me délasser les guiboles » ou encore « Arrosoirs, en faisant bien attention de ne pas claquer la porte ». Quand je suis atteint d’arrosoirïte aigue, j’écoute la femme qui pleut et qui fait pleurer: Barbara. Il pleut sur Nantes, arrosoiremment.
| Tags : roman oswald, arrosoir, barbara, il pleut sur nantes
24.03.2009
Pernety nautique
Je vous conte ce fait car ce fait est contre nature, contre ma nature. Rituellement, depuis une semaine, je me lève et marche jusqu’au vestiaire de la piscine Aspirant-Dunand, où, sans la moindre fausse pudeur, j’enfile un slip de bain avant de prendre la douche de circonstance permettant l’acclimatation aux 17 degrés Celsius du grand bassin. Ne vous permettez pas de juger. Personne n’est à l’abri d’une pool water addiction. Lundi en huit, il n’y avait pas un chat pour faire trempette. Le maître-nageur m’a gentiment demandé s’il pouvait mettre de la musique. J’ai dit oui, bien sûr. Il ajouta : « vous allez voir, c’est spécial, je pense que vous connaissez pas ». Il fit résonner Niandra Lades and usually just a T-shirt de John Frusciante. Cette brasse matinale me mit les sens en éveil pour le restant de la journée.
23.03.2009
Twin Freaks, Part #1
Le feuilleton du lundi soir 20H45
Part #1 : Alors je reste mais deux minutes c’est tout hein
En m’attendant, François-Ferdinand dit « Le Lyonnais » et Tonton en manteau d’hermine conversaient en remplissant le cendrier. Sur Rochechouard Street, y’a que Chez Lino où on peut griller cibiche sur cibiche sans prendre un macaron. Ça fait belle lurette que les uniformes ne s’aventurent plus dans les environs ! Rien qu’avec la galerie de gueules cassées qui trône près des flippers, je pourrais tenir chronique sur quatre saisons de « Twin Freaks ». Y’a Cellophane et son sac plastique en bandoulière avec dedans uniquement de la ferraille, y’a Quinconce qui fait l’aller-retour entre le Lino et le Royal Moulin (on Clignancourt Avenue), y’a l’ancien patron du To Be de la rue Delambre qui vient dilapider sa retraite et pas bégueule qui en fait profiter ses camarades de chambrée d’Algérie… Voilà quelques indications liminaires pour des préliminaires contre-indiqués chez Lino. Perso, je préfère être lâché à la première sortie d’autoroute. Quand Tonton en manteau d’hermine m’a appelé hier soir pour me donner RDV chez Lino, j’ai tiqué.
- Oh, nan, pas chez Lino !
- Si, si.
- Tonton en manteau d’hermine !
- A 8 heures moins le quart, sinon je loupe le match après.
- Et pourquoi tu tiens tant à me voir, et en plus chez Lino ?
- Je t’expliquerai.
Vous savez ce qu’est un péché véniel ? C’est piocher dans le ramequin de cacahuètes du zinc de chez Lino. Cellophane ne s’est plus lavé les pognes depuis la première communion de sa grande sœur, jour où il réussit, enfin !, à mettre la main au panier de Georgia, la fille du coupeur de joint de la rue Haxo. En ce qui concerne les mains de Quinconce & Co, dans l’intérêt des familles, je n’irai pas plus loin. Quand Tonton en manteau d’hermine me voit ainsi picorer avec les affreux, il me fait signe de rappliquer dare-dare à la table 21. François-Ferdinand dit « le Lyonnais » refuse de me serrer la main, il a vu que je l’avais graissée au beurre de cacahuète. Quand nous sommes plus profond que notre geste, de l’art naît. Je lui dis d’aller se faire voir. Tonton en manteau d’hermine ricane dans son coin et demande aussi sec notre attention.
- Voilà, toi l’gamin et toi l’Franz, vous allez m’aider.
- Ah, nan, Tonton en manteau d’hermine !
- Tais-toi.
- J’ai besoin de redorer mon blason. J’me suis fait chier d’ssus par un vendeur de faux parfums. Tchéky Karyo, vous connaissez ?
- Hein ?
- Non ? dit Tonton en manteau d’hermine.
- Pourquoi ? dis-je.
- Parce qu’il lui ressemble.
- C’est tout ?
- Oui.
- T’aurais pas un autre indice sous ta doublure de lustrine, Tonton en manteau d’hermine ? Parc’que là, c’est chiche et pois cassé…
- Oui. Son blaze c’est El Chincho. Il crèche quelque part vers Répu’.
- Kesskitafé ?
- Il m’a piqué l’amour de ma vie.
- Ah, c’est vrai que c’est très prisé en ces temps de récession, l’amour… à raison, d’ailleurs.
- Pourquoi tu dis ça, gamin, t’es « in love » ?
- Bah, comment tu parles Tonton en manteau d’hermine, kesskitepren ?
- Je suis seul. Ça me desseulerait un peu de te voir bras coudé dessous une greluche.
- C’est filet mignon c’que tu m’dis là, Tonton en manteau d’hermine.
- Bon, je compte sur l’assurance de votre discrétion, chers z’associés.
Je vois au loin le mât jaune du métro. Sur le mur d’un Hippopotamus en restauration, une affiche jaunie du dernier album de Jean-Louis Murat me présente ses hommages. Tiens, ça fait longtemps que je ne me suis pas ouï Au Mont Sans-Souci…
TO BE CONTINUED
22.03.2009
From Glasgow to Las Vegas
Comment vaincre la pesanteur ? En oyant Daddy’s gone & Co sur le premier LP de Glasvegas. Hallelujah Allan ! Ta voix en papier mâché m’a procuré le plus grand choc musical de fin de décade, oh que oui ! C’était pas arrivé depuis Johny Brown (Band of Holy Joy), il y a un peu moins d’un an. J’suis tellement tombé en guimauve que, peu importe le prix à payer question dignité, j’suis allé acheter un CD (vous savez, les ronds métalliques que l’on accroche aux épouvantails pour faire peur aux corbeaux) ! Chez Gibert Joseph, en occaz, faut tout de même pas déconner. Moi qui ressassais depuis quelques temps une poignée de titres de Darklands (The Jesus & Mary Chain) en boucle sur mon ipod, j’avoue les avoir bottés en touche pour une version acoustique de Geraldine. Comme le glisse suavement Elise à mon oreille : « A court terme, on portera tous des lunettes ». J’ajoute : « A court terme, on connaîtra tous par cœur les paroles de It’s my own cheating heart that makes me cry ».
| Tags : roman oswald, glasgow, las vegas, glasvegas, daddy’s gone, james allan, johny brown, darklands




