30.04.2009
Profession libraire
L’enthousiaste est manipulateur… pourquoi je dis ça ? Parce qu’un libraire enthousiaste peut m’inoculer le virus de la passion et me faire dépenser des milles et des cents en moins de temps qu’il lui faudra pour refaire le réassort des œuvres complètes de Jankélévitch, que je viens d’emporter avec moi… En quelque sorte, mon libraire c’est à la fois mon meilleur ami et mon meilleur ennemi, le défenseur des écrivains de troisième zone et le suppôt du capitalisme mondialisé. Usant et abusant de ce ton passionné qui fait fondre n’importe quel gros lecteur (un gros lecteur est un lecteur qui lit plus de 20 livres par an). A cause de lui, je n’ai plus de vie sociale. Je vis enfermé dans un Kant de concentration. Tenez, je n’ai même plus le temps de jardiner mon p’tit bout de balcon à la tombée de la nuit ! Pire, ça fait un bail que j’ai pas topé mon billet gagnant à l’espace Courses de Saint-Lazare, si ça c’est pas une preuve…
29.04.2009
La télévision parle tout le temps toute seule et moi aussi mais dans ma tête
Retour sur la mire d'hier
L’eau de ma bouilloire chantait, moi aussi. La Maritza. Hum-hum. A chacun son petit cancer qui court. Ayez une tendresse à mon égard, je vous en serais reconnaissant et, maintenant, passons au vif du sujet : j’ai toujours trouvé assez étrange que des doigts nous poussent aux pieds, finalement, j’hésite à me plaindre. Heu, non, passons au vrai point de litige qui me chicane depuis tout à l’heure : ce qui était bien avec la mire, c’est qu’il y avait un moment de répit. De nos jours, la télévision marche 24 sur 24 et on ne sait plus s’il reste des ersatz de nous hertziens. Après le plateau repas, on dort avec la TV. Quant à la TNT nous permet de rester éveillés jusqu’à l’heure de se lever, c’est pratique. A la relecture, je ne sais pas si c’est vraiment cette histoire de câbles qui m’angoisse ou bien ceux qui me foutent un mal de tête de chien…
| Tags : roman oswald, bouilloire, la maritza, télévision hertzienne, mire, schizo
28.04.2009
Es ghet uns gut
| Tags : roman oswald, tout va bien c’est juste la grêve, mire
27.04.2009
Twin Freaks, Part #7
Le feuilleton du lundi soir 20H45
Part#7 : Un bond de géant avec un nain sur mon épaule
J’en étais toujours à chercher un moyen pas trop brutal pour faire comprendre à Tonton en manteau d’hermine la perte irrémédiable de … Au fait, je ne connaissais même pas son prénom à …
- Xavière.
- Quoi, Xavière ! Vraiment ?
- Abitbol, Xavière Abitbol.
- Attends un peu… C’est-y pas la Xavière de la rue des Moines ?
- C’est cela même.
- Cette virago sur tapis râpé, cette…
- Oh là, j’te mets le holà, p’tit ! Alors, t’en es où, dans l’enquête, t’as une piste ?
- Bah, voilà, je voulais te dire que…
- Tu fais le bougre avec tes copains, tu joues à saute-mouton….
- A ce propos, le poto à qui t’as prodigué les premiers secours là, tu sais…
- Le maniéré-là ?
- Heu, oui. Bah, c’était, enfin, c’est…
- Ton ami intime, j’ai compris tu sais, Tonton en manteau d’hermine, pour ces choses-là, il a du flaire… je savais depuis longtemps qu’avec toi, on prendrait de ces routes peu défrichées…
- ?
- T’en fais pas, c’est ainsi que t’es, c’est ainsi qu’on t’accepte... On en parlait avec François-Ferdinand dit « Le Lyonnais », tiens, quand on parle du loup...
François-Ferdinand dit « Le Lyonnais » s’installa avec nous à la 21. La révélation que venait de me faire Tonton en manteau d’hermine sur mon orientation sexuelle me laissait tellement pantois que je fis mon hello-goodbye à la tablée et quittai promptement Chez Lino.
Je savais que tout ce qui est saumâtre excitait sa curiosité, mais là, Tonton en manteau d’hermine abusait façon !
Dire que j’avais failli y passer pour cette barrique sur pattes, sa feumeu... "La rouquine à la Gitane Maïs", c'est comme ça que je la surnommais, ouaih comme ça. Pour vous la décrire, c’est simple : vous prenez un rondin, et vous l’échanger contre un rondin aux bords libres. Par contre attention, la Xavière, elle est parfaite pour une chose : parfaite à mettre en pâte ! Déjà toute reluisante, elle fera un pâté en croûte (et sa gelée) inimitable. Son ventre n’est jamais vide et c’est un ventre où courent des vipères de graisse à vous dégoûter de. Elle a toujours des coquilles de pécan entre les teeth, et pour coller au pittoresque, elle se les cure avec un Laguiole de contremarque.
Après une longue marche thérapeutique autour de la place de Clichy, je décidais qu’il en était mieux ainsi : préserver la dignité de Tonton en manteau d’hermine en m’ôtant délibérément la mienne.
Je suis un homme, quoi de plus naturel en somme
C’est ainsi que je fus amené à jouer double jeu avec Tonton en manteau d’hermine. N’étant « intime », El Chincho était devenu un ami proche. On s’tapait des tapas ensemble, on tapait le carton ensemble MAIS ON N’A JAMAIS FAIT LA RETAPE ENSEMBLE, COMPRIS ! Le truc qu’on aimait par-dessus tout, c’était de s’mater Las Hurdes de Luis Bunuel en boucle… Guère on ne parla de Xavière, d’ailleurs jamais je ne l’entraperçus, la rombière.
Et puis un jour…
Je devais retrouver El Chincho rue Blomet, en passant par la RN 88. Déjeuner d’affaires à L’Auvergne à Paris, un resto où Pépé, avec son monocle sur le chtard, tient les comptes. Pépé, il a toujours un crayon sur l’oreille, un petit crayon de la taille d’une craie. Il le suçote à longueur de services. Pépé, il vous dira toujours : « Un crayon, ça fait appliqué. Un crayon, c’est pour les pointilleux comme moi. Pas de pitrerie avec, ne touchez pas à mon crayon ! » Comme un Espagnol ne sort jamais sans son couteau, un Auvergnat ne sort jamais sans son crayon… Bref. On n’est pas là pour épiloguer sur Pépé.
Elle m’avait pas trop à la bonne la Xavière, et ça tombait bien, parce que moi non plus. Une villageoise qui fleurait bon l’arrière-pays, dédaignant le soutien des déodorants de la « capitôle ». Ce qu’elle sentait la vache ! Et puis il devait y avoir eu aussi un embargo sur son haleine, parce qu’à ce niveau-là de l’engin, ça sentait le fauve. Xavière Abtibol, ou La Ménagerie.
Et puis un jour…
Je reçois un pneumatique. On reste dans la ménagerie : elle me confiait son canari pour les vacances.
TO BE CONTINUED
26.04.2009
Comment j’ai écrit mon premier roman
Pour me concentrer, je respire un bon coup d'Eau des Merveilles d'Hermès, pour en humer la quintessence. Puis mets du folk. Si on en écoute d’une oreille distraite, on peut croire que Donovan et consorts jouent toujours la même chanson sur 30 min. C’est rassurant. Assurément, l’album qui m’a le plus accompagné reste Blood on the tracks. Bien, j’ai aussi besoin d’un éclairage artificiel, et d’une odeur de café flottant dans la pièce, bien, il doit être aux alentours de 20h maintenant. C’est seulement après ces maniaqueries que je peux me mettre devant mon clavier et taper. Vers 21h, je me sers un verre de Chambolle-Musigny frappé. Puis reprends un peu le cours de quelques phrases bancales. Je ferme mon ordinateur avant 22h, la dead line. Mange une babiole. Lis ou regarde un film, lecture ou visionnage que je mène rarement à terme. Quatre années après avoir ouvert ce rituel des mardi/jeudi soirs d’écriture, un livre est achevé.
25.04.2009
Trappes le jour, Paris la nuit
La rue de la sablière donnait, il y a bien longtemps, sur une sablière, d’où. Elle s’attarde sur la place Flora Tristan et vient se faire couper la chique par la rue Didot, long couloir étroit, très cassant bien qu’il n’y paraisse, lequel va toucher le Périph’ dans un dernier effort de réunion des extrêmes. Tout ça pour dire que lorsque je parle des rues de Paris, je parle de moi. J’ai toujours cette inflammation au niveau du trijumeau lorsque je me dis que oui, j’habite à Paris. Longtemps, j’ai vécu à Trappes qui, comme la sablière, porte bien son nom. Là-bas, tu ne finis pas écrivain mais écrevisse, pour reprendre l’expression de Christiane Rochefort. Ou alors, si par un moyen extra-sortant-de-l’extra-ordinaire tu puises assez de force pour pondre un parchemin, sûr que ce sera aussi rocambolesque que les mémoires de Lorenzo da Ponte et du Marquis réunis. Pour écrire, stratégiquement, le 1.4. (comprenez le XIVème arrondissement de Paris) est une référence universelle. Aussi, je réponds ici comme devant un conseil de famille, et tant pis s’il n’y a personne : Paris, principalement le 1.4., c’est de la bombe, bébé ! Cela va sans dire, la chanson du jour, c’est Seine Saint-Denis Style de NTM.
| Tags : roman oswald, rue de la sablière, paris, trappes, seine saint-denis style, ntm
24.04.2009
Glenbaxterisme
Sur ce blog-ci {http://unmatinensmoking.blogspot.com/}, je tente de faire mon Glen Baxter mais avec des photos pêchées çà et là sur le Web.
| Tags : roman oswald, blogspot, glen baxter
23.04.2009
Le principe d’imperfection
Je suis toujours très client des joyeux bordels, bien plus que des bordels organisés, car là l’improvisation n’est plus de mise et le charme est rompu. Peut-être parce qu’au fond, je ne suis que rigueur d'où je reste en admiration devant mon parfait contraire. Mais attention, pour susciter mon admiration, il faut que l’on m’oppose du lourd, du Edouard Baer période Comité de visionnage (Canal +) ou du Edouard Baer période La Grosse boule (Radio Nova)… ou du Jacques Rozier, oui du Jacques Rozier toutes périodes confondues ! Je viens de mettre la main sur le coffret paru chez Potemkine (tout ce qui est édité par Potemkine mérite fichtrement le coup d’œil, oh que si). Je connaissais Adieu Philippines que j’avais emprunté en format VHS à la Médiathèque du Canal de Saint-Quentin-en Yvelines, j’avais réussi à voir l’année dernière je crois bien Maine Océan à l’Action Ecole et Du côté D’Orouët que tout le monde connaît quand on a passé toutes ses vacances d’été à 5 km de là, à Saint-Jean-de-Monts pour être précis. Quant au reste du coffret, c’est-à-dire principalement Les naufragés de l’île de la tortue, je n’en avais entendu que du bien mais c’était mission impossible de se le procurer. Longtemps, j’ai accepté mon sort sans me plaindre, le tort est désormais réparé, Dieu soit loué ! Vous connaissez ma devise : http://tableaudechasse.hautetfort.com/about.html. Je n’ai maintenant plus rien à envier au plus in des cinéphages de la Nouvelle Vague : j’ai enfin pu voir Les naufragés de l’île de la tortue de Jacques Rozier, après avoir vu Une aventure de Billy le Kid de Luc Moullet (titre anglais : A girl is a gun, ça claque), dont je vous parlerai incessamment sous peu (encore un coffret, mais chez Blaq out cette fois-ci).
Donc c'est d'un ailleurs très différent, que ce soit de la Nouvelle Vague ou du cinéma à papa, que survient le monde en technicolor de Jacques Rozier. Jacques Villeret (poupin) et Pierre Richard (athlétique) présentent à l'agence de voyages dans laquelle ils travaillent un concept "Robinson Crusoé" : les clients payent pour passer un mois sur une île déserte où ils devront se démerder eux-mêmes pour survivre. Un Koh Lanta avant l'heure, quoi. C'est enlevé, brouillon, frais, souillon, et piquant en plus de cela, relevé, couillon, pas le moins du monde apprêté, oui improvisé est le bon mot, bref "cultissime" dirait-on de nos jours, ou "énôôrmEUU", incontournable en quelque sorte!
Voilà, vous savez tout. Maintenant, à vos magnétoscopes!
22.04.2009
Bécon-les-Bove
à Victor Bâton
Les éditions Cent Pages viennent de rééditer Bécon-les-Bruyères d’Emmanuel Bove. J’avais découvert ce texte dans un numéro d’Europe (revue littéraire mensuelle), et découvert, par la même occasion, le monde opaque de cet écrivain, qui allait devenir mon écrivain préféré. Mes amis supporte depuis maintenant cinq ans mon radio-réveil à infra-basse.
C’était une fin d’année 2003 comme toute fin d’année : grise, délavée, banlieusarde. A l’époque, ma vie n’était faite que de fondus enchaînés. Mettre un pas devant l’autre : ce seul exercice me prenait toute mon énergie. Je venais de quitter l’adolescence, ses ivresses conventionnelles pour faire partie du groupe, ses initiatives hésitantes pour obtenir un smack sucré sur la bouche. J’appréhendais le monde adulte, ses services des contentieux, ses salades mal assaisonnées… Le terme médical est une « névrose d’angoisse sans objet ». Je vais vous dire une chose : il y a toujours un objet ! Et cet objet est toujours le même, malheureusement : L’AMOUR.
J’aurais pu rester à demeure ce jour-là, j’aurais pu…
Marabout…bout de ficelle…selle de cheval…cheval de course…
Tout d’un coup, une plaque commémorative renvoie une lumière forte. C’était donc ici qu’Emmanuel Bove avait vécu. Solide alibi, Bécon-les-Bruyères, pour un écrivain en anorak. Y’a matière à mélancoliser, me disais-je.
Se promener à Bécon-les-B., c’est siffler cul sec la mélancolie de Monica Vitti dans L'avventura, c’est oublier la ville lumière et accompagner de manière insuffisante les merdes de chien qui émaillent le chemin de randonnée pédestre longeant la voie de fer (évitez-les en courant et vous transformez le bas-côté en parcours de santé). Bécon-les-B., ça n’existe même pas, c’est juste le nom d'une gare : lorsque vous posez un pied sur le quai, vous êtes soit à Asnières, soit à Courbevoie. Ah!, la pierre meulière et ses mystères... Moi qui venais de Saint-Quentin-en-Yvelines, on ne peut pas dire que cela me dépaysait (plus impersonnel, et dépersonnalisé!, tu beurres).
De son vivant déjà, on disait de Bove qu’il était une ombre. Moi-même, je me sentis enveloppé d’un voile de deuil, car quel spectacle que celui des trains de 18h en gare de Bécon-les-Bruyères :
- Tiens, voilà les femmes à la baguette !
« Les femmes à la baguette » : ces mères de famille qui traversent tout Paris en RER avec, sous le bras, une baguette (baguette qui s’imprégnera de l’odeur des transports) achetée à la sortie de leur lieu de travail, de peur (peur justifiée) de trouver la boulangerie Fournier & Fils fermée à leur arrivée en gare de Bécon-les-B….
Bref, ce jour-là…
Je n’avais emmené avec moi qu’une seule chanson que je faisais tourner en boucle dans mon walkman CD : In dreams de Roy Orbison. Je trouvais, et je trouve toujours, cette chanson très bovienne. D’ailleurs, par association d’idées, je me souviens de ce court-métrage, Peau de vache, où Sophie Quinton tombe amoureuse d’un … bovin. Etrange, non ? Tout ce qui a de près ou de loin à avoir avec Emmanuel Bove est étrange, alors habituez-vous dès maintenant, en commençant par lire La vie comme une ombre, la formidable bio de Raymond Cousse et de Jean-Luc Bitton.
21.04.2009
A propos de Marguerite Moreno
Marguerite Moreno me subjugue. Après l’avoir vu dans Le roman d’un tricheur, j’étais sous le charme. Tout ceci est bien suranné, qu’im
porte. Il y a ce portrait peint par Joseph Granié, où l’on sent tout le piquant dans les yeux, la malice. Un ange passe et le mystère reste bien protégé. Mais quel est le secret de Marguerite Moreno ? D’avoir été la confidente de Stéphane Mallarmé, en a-t-elle gardé d’impénétrables coups de dés ? D’avoir été la femme de Marcel Schwob, en a-t-elle conservé quelques trésors coquillards qui pigmentent sa vie imaginaire avec le Grand Mort Chauve ? Dites-moi.






