31.08.2009
Kill Beauf
Aujourd’hui une brise légère comme une enjambée au-dessus de la mantille d’une nouvellement veuve m’a soufflé l’idée d’un jeu vidéo, un jeu d’arcade comme on disait encore au vingtième siècle.
Kill Beauf est un jeu de tir. Vous êtes en mission spéciale à Saint-Jean-de-Monts. Vous devez sauver la planète, tout simplement, évincer de cette Terre la masse informe de shorts Quechua qui pollue la côte Atlantique.
Le Ministère de l’Hygiène publique vous demande donc d’éradiquer définitivement cette herbe indésirable que sont les beaufs. Or, vous savez que le budget alloué à la Culture équivaut à à peine 1% du budget total du gouvernement, ainsi, celui qui vous est proposé ne dépasse pas les 0, 001%.
Première épreuve : il est 21h sur la rue de la mer, la rue d’exposition de la beaufitude dans notre belle station balnéaire. Le Comité de Sauvegarde du Libre Arbitre vous équipe d’un pic à parasol Ricard. Pour obtenir les 5000 points susceptibles de vous mener au Niveau 2, vous devez planter 5 fois la cible en ses points névralgiques : biceps, abdominaux, mollets. Toucher dans le mille et vous passez directement au Niveau 3, un duel au corps au corps avec un sosie Ch’ti de Johnny Halliday lors du passage vendéen du Tour de France.
Comment reconnaître un beauf ? Le beauf portent des T-Shirts « Mr Picolage », ne jure que par « le lâché de salopes » de Bigard, sortent en soirée mousse au Pili-Pili, use trop souvent d’expressions du genre « Tu viens pour une p’tite Suze, René ? » et autres gueulantes paillardes du type : « … Au bout de la nuiiit/Les démons de minuiiit… ».
La lumière cruelle du Jugement Dernier se figea alors sur un grand garçon robuste, se préparant probablement à une carrière de chef de cuisine au Rond’serviette, la cantine des campeurs du Baroudeur, le plus grand camping de Vendée pour votre information. Tongs, maillot de bain Adidas Slim, marcel Nike Sport, casquette du PSG période Ronaldinho. Crète de coq gominée, piercing sur sourcil droit et boucle d’oreille en forme de feuille de marijuana. Tatouage d’un lézard le long du tibia, lézard dont la queue est coupée par des chaussettes montantes Sergio Tacchini. Gonflette qui fit de ses muscles flasques d’engloutisseur de Francfort-Frites des cheminées de navire. Front bas sur nez en bouchon verseur. Oui, cette cible était bien la mienne, aucune hésitation sur cela.
Il fait le paon en mangeant un sandwich Américain double étage avec supplément steak (ça en fait 3). Ce n’est pas tout, ce serait trop simple qu’il soit là à manger son sandwich quand bien même ce sandwich fasse 3 steaks de long. Non, c’est simplement que ce sandwich, il l’avale sans fermer la bouche, en mâchant avec fracas, en ronflant du groin, en pétant de toutes les pores de la peau dépassant ou pas de son short survêtement (c’est à cela que l’on voit qu’il s’est endimanché).
Mise en situation. Nul besoin de s’enhardir avec un alcool de grain, oh non, j’avais vraiment l’impression de rendre service à l’humanité en faisant disparaître ce brave gaillard d’un monde qui l’a trop longtemps supporté. Le plomb et l’or. Nul besoin non plus de se cacher derrière un des ces pins décharnés qui longent le podium de commerces putassiers définissant la rue de la mer. Je suis conscient du bien-fondé de ma mission éco-citoyenne.
A deux mètres de lui s’entame une baston de regard. Rarement regard aussi peu magnétique n’aura retenu mon attention, professionnelle l’attention.
Niveau 2 : les obstacles à ce stade sont pléthore, vous devez sauter au-dessus d’un stand de masques africains, contourner une table pliante où sont exposées des terrines de ragondin et enfin éliminer un vendeur de cacahuètes caramélisées qui a pour mauvaise habitude d’hurler du matin au soir : « Chouchous, chouchous, pour vous mesdames les belles tranches, et pour toi ma p’tite ma belle branche ! Oh la la, la p’tite parisienne-là, oh la la, à la Miss Montmartre, il ne lui manque les buttes, hein, Roger ! ».
Vous est donnée une binette, outil de jardinage s’il en est qu’aurait pu employer un acteur de second plan jouant le tueur dans une adaptation d’Agatha Christie pour France 2 Alsace si cet acteur avait réussi à avoir ce rôle pour ce pilote refusé à la Commission de Censure des Séries Cucul-la-Praline (CCSCP).
La barre est haute, arrivé au Niveau 4. Le record est pour l’instant détenu par Nico78 avec 45655 points. Autant dire que vous devez pilonner trois mobile-home et une vingtaine de « tentes 60 secondes » pour espérer atteindre un score approchant. En quoi consiste le Niveau 4 ? A vrai dire, c’est un parcours, oui un véritable parcours du combattant. Provoquer un accident de rosalies sur le site de production nationale des niniches AOC.
VOUS GAGNEZ 1000 POINTS SUPPLEMENTAIRES ET AVEZ LE DROIT DE BOTTER LE CUL DE LA FEMME A LA COLORATION RATEE QUI S’ENLEVE LES ONGLES DES PIEDS DANS LA NAVETTE CAMPING-CENTRE COMMERCIAL.
Niveau 5 : étouffer Fabien Onteniente avec le string taille 52 de Mathilde Seigner, le séquestrer dans le 4X4 de Julie Lescaut et le noyer dans un marais salant profondeur 1 mètre. Ajoutez-y un zeste de pastis à la lavande, et le tout est prêt. Recette approuvée.
Niveau 6 : lancer un gaz moutarde au moment où la boîte du coin, le Pili-Pili, se transforme en chenille géante sur le rythme des Lacs du Connemara de Michel Sardou, prendre en otage la réalisatrice du film LOL, laquelle a sa bouteille à l’étage VIP, et l’obliger à participer à un concours de pétanque en doublette avec la doublure de Navarro, un nain obèse qui respire par la bouche.
Niveau 7 : lancer une boule de bowling dans l’allée du Casino municipal, ce qui équivaut à la plus grande offense en ces terres agraires, une provocation locale que l’on pratiquait déjà au Moyen-Age voire à l’Age de Pierre. Le gérant, mi-mafioso mi-ostréiculteur, vous lancera un défi : le battre au mètre de Despé suivi d’un gobage de moules-mouclade jusqu’au sang. Si les deux parties ont encore le rouge aux joues à la fin de cette épreuve, ils devront se battre en costume traditionnel sur les joutes nautiques du Puy du Fou.
BRAVO! VOUS VENEZ DE GAGNER UN CHI-CHI CHAUD AVEC SUPPLEMENT NUTELLA !
Niveau 8 : planter l’animateur « géo » (qui fait du Laurent Baffie moins l’art) avec des bâtons de coton ouaté issus de l’agriculture biologique, un soir où Elodie Frégé est en showcase à la Pizzeria Le Coliséum où le stock de bruschetta aux olives tire à sa fin. Si tous ces éléments ne sont pas réunis, planter tout de même le géo et Elodie Frégé avec un Opinel n°4 fraîchement limé.
Niveau 9 : après avoir joué à saute-mouton avec Jean-Pierre Pernaud dans une cabine de bain, cabine où Jean-Luc Reichmann sert de porte-serviette, et après avoir joué aux fléchettes avec Nelson Monfort sur une cible qui n’est autre que le même Jean-Luc Reichmann, donc après avoir instauré ce climat confraternel où jeu rime avec espièglerie, vous devrez les attacher à une table de campeur, les gaver de riz, les ceinturer à la taille avec leurs bracelets de camping et leur faire boire 3L d’eau (celle qu’il prenne pour laver et relaver leur voiture tous les 2 jours). Ils gonfleront jusqu’à ce que leur estomac finisse par éclater dans une pyrotechnie digne de celle qu’ils applaudissent le 15 août.
Niveau 10 : à vous de l’inventer (j’en peux plus, ça m’épuise de penser à ces gens, ils me tueront un jour, vous savez !)
30.08.2009
Le principe des forêts
Ne prends pour une présence la forêt que tu traverses
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Anatomy of a femme fatale
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Phrase définitive
N’aborde que peu les imberbes, ils te toiseront.
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29.08.2009
Lecture me
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Un intérêt à tout?
Je n’arrive pas à trouver d’intérêt :
- au théâtre de boulevard ;
- à Jacques Tati ;
- à vivre en rez-de-chaussée ;
- à tout ce qui touche de près ou de loin à l’automobile ;
- aux tranches de blanc de poulet aux herbes Fleury Michon ;
- aux surgelés très chers ;
- aux pubs (bars) et aux pubs (codes-barres) ;
- à faire un effort de franchise quand ce n’est pas assez ;
- à être sérieux ;
- à cultiver l’ignorance crasse toute sa vie durant ;
- aux Fournil ;
- à faire son pain soi-même quand on habite près d’une bonne boulangerie ;
- à acheter des séries en DVD alors que c’est typique le genre de produit « grande consommation » que l’on se doit de télécharger ;
- aux sites qui recensent d’autres sites ;
- à Twitter ;
- à une théière qui verse mal ;
- à prendre deux éponges : une pour laver la vaisselle et une autre pour laver la table à manger ;
- aux Inrockuptibles depuis 2-3 ans ;
- à ce peintre qui a peinturluré le plafond de l’Opéra Garnier ;
- aux films de Romain Gary ;
- aux romans de Boris Vian ;
- à l’existence d’un mot comme « convoitise » ;
- aux sondages IPSOS ;
- à mettre tous ses papiers dans un portefeuille ;
- aux baskets de ville ;
- aux monuments aux morts ;
- aux appareils à fondue au chocolat ;
- à commander un Viandox au Flore, à part si on est sans le sou à ce moment-là ;
- à s’escrimer à faire pousser du persil sur un balconnet qui donne sur les Grands Boulevards ;
- à avoir un autographe d’une star ;
- à dire « Zara » quand on parle des magasins, alors qu’on peut très bien dire « Dzara » et faire comprendre que l’on parle bien des mêmes magasins ;
- à courir pour avoir un métro sur la ligne 1 alors qu’il y en a un toutes les « 1 minute » ;
- à écrire « fruits et cætera » pour « fruits etc », dans une liste de courses datée du 27/05/09 ;
- à revoir des films de John Cassavetes ;
- à aller en fac de Lettres à part si vous tenez à être dégoûté de la littérature ;
- à dire tout haut après un dîner copieux : « What’s new on TV tonight, darling ? ».
n°117
La pensée est prise, tant pis, j'attendrais mon tour.
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28.08.2009
L'expression par le dessin
Tous ces projets qui restent à l’état de projet, bordel. La musique est frustrante, l’écriture insuffisante. Et tout est terriblement lent.
Finalement, il n’y a que lorsque je suis dans un état passif qu je me sens bien. Dès qu’il s’agit de se prouver quelque chose, ça devient difficultueux.
Tiens, par exemple : après avoir vu le docu Arte7 sur Keith Haring, j’ai eu une envie folle de m’exprimer par le dessin (un peu comme quand j’avais neuf-dix ans, et que j’avais vu Rocky III avec Ali, on s’était foutu sur la gueule après, juste pour extérioriser le Rocky en nous !). Ça me plairait, oui, de savoir dessiner mais surtout de trouver mon style dans le dessin. Quand je vois Keith Haring tagger les murs du métro de NY, je sens l’extase de l’accomplissement, la totale adéquation avec l’environnement. Je voyais aussi Pollock en Haring, le Pollock qui un beau jour trouve la technique du dripping, et qui peint comme on pisse, se soulageant. Les deux ont trouvé par une technique ce qui les représente. Et désormais, pour Keith Haring, ce ne seront pas que des tags. On sent que ce lunetteux qui crée est au bon endroit au bon moment. L’endroit s’y prête, non, l’endroit se prête. Ces espaces sont ses espaces, et aussi cradingues qu’ils soient, ils sont aussi faits pour accueillir du beau. On ne s’y attendait pas, et cet homme, qui mérite le nom d’artiste lui, nous le fait voir. C’est une évidence. Il y avait là une évidence que l’on ne soupçonnait pas.
Keith Haring en action, entre parenthèses c’est formidable d’avoir pu filmer ça, et l’on ne se pose plus la question du droit, de la légitimité. On veut juste suivre chacun de ses mouvements et vivre ce qui se passe (attraper un peu de ce temps que lui arrive à maîtriser), parce que Keith Haring, à ce moment-là, nous fait prendre conscience de la puissance libératrice de l’art et de son pouvoir d’évocation. En soi, c’est bien mieux que le Picasso de Clouzot, parce que sans montage aucun. On n’est plus dans le métro, on est dans le tableau qui se compose. On n’est plus devant un tableau, on est dedans.
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(sans titre)
à la nuit montante
j’ai perdu ma pantoufle
une spécialité chez moi
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XXL
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