31.10.2009
Maurice
Maurice, garçon au goitre.
Mon devoir eût été de vous prévenir, je sais.
Mais auriez-vous accepté de le rencontrer si je vous avais décrit par le menu le physique difficile de mon ami Maurice ? Non.
Vous voyez d’ici le tableau, n’est-ce pas ? Encore un vieux garçon qui tuerait le temps en allant voir les copies neuves de films kazakhs, dont tout le monde se moque au fond.
Alors, moi, dans mon coin, je constate une chose, LA chose : tout le monde est intéressé. Vous, moi. Alors, pourquoi pas Maurice.
Oui, il était au courant, il a bien voulu marcher, mais je dois vous dire que l’argumentation fut longue et éprouvante, pour les deux parties, car Maurice a une morale vous vous en doutez, non, tout de même, c’est quand même Maurice. Merde, Maurice est un homme qui mérite son homard à l’américaine une fois de temps de temps. Maurice, c’est
Mais qui s’occupe de l’hypernaufrage de l’horloge parlante, de celui des chanteurs de charme ou des chiens d’ivrogne… et de Maurice, hein, qui ?
Dites-moi, devrait-on laisser la grand-mère de Maurice continuer d’envoyer à Maurice des nougats à chaque Pâques ? Est-ce bien décent, je vous le demande, laisser Maurice traîner au Brelan rue Beaubourg ?
Est-ce décent ?
Dites-moi.
| Tags : roman oswald, maurice
30.10.2009
Montée en puissance des phrases de politesse chez un homme âgé de 82 ans à l’attention d’une correspondante âgée de moitié moins, en considérant que l’homme qui a écrit ces lettres n’est autre que Georges Clémenceau, dit « Le Tigre »
29 avril 1924
[…]
Mes respectueux hommages.
12 mai 1924
[…]
Tous mes hommages d’amitié.
7 juillet 1924
[…]
Je suis à vos pieds. A vous de savoir s’il vous plaît de m’y garder.
13 juillet 1924
[…]
Je suis à vous tout le temps.
26 juillet 1924
[…]
Alors, que faut-il dire ? Quelles nuances de sentiments demandez-vous ? Je crois que le plus simple est de mettre vos yeux dans les miens et de nous dire au revoir. Voulez-vous ?
1er août 1924
[…]
Je vous rends vos yeux et votre main pour avoir le plaisir de vous les reprendre.
2 août 1924
[…]
Ouvrez votre main et refermez-la sur la mienne.
3 août 1924
[…]
Ever.
4 août 1924
[…]
Je n’ai qu’un sentiment qui soit ce qu’il doit être. Devinez ce que c’est.
12 août
[…]
Plus généreux que vous, grande Madame, je vous envoie au-delà de ce que vous souhaitez.
15 août 1924
[…]
Fermons les yeux et permettez-moi de vous dire que je m’intéresse à vous tout particulièrement.
16 août 124, au matin
[…]
Je suis à vous.
16 août 1924, au soir
[…]
Je suis à vous déraisonnablement.
20 août 1924
[…]
Madame, si vous n’étiez que très-belle je ne vous regarderais seulement pas.
23 août 1924
[…]
Madame, vous êtes une princesse et je suis tout au plus un bon demi fou. Mettez-moi à la chaîne.
1er septembre 1924
[…]
Hou ! La vilaine. Je vous absous de votre premier péché envers moi.
4 septembre 1924
[…]
Par ici, Madame la fée, venez, venez. Toutes mes cloches tintent. Vous êtes attendue.
18 septembre 1924
[…]
J’essaye de vous aimer moins. Je ne peux pas.
27 septembre 1924
[…]
Dépêchez-vous.
28 septembre 1924
[…]
Regardez votre ombre : c’est moi.
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Un conseil
Ne
faites
pas
confiance
aux
grands
rhétoriqueurs
qui
ont
le
front
fuyant!
| Tags : roman oswald
29.10.2009
Le sens
Il faut parfois
laisser le sens nous
échapper pour espérer le voir revenir un jour rouge de santé.
| Tags : roman oswald, phrase définitive
Circulez!
A l'époque, y'avait d'la circulation entre les copies...
| Tags : roman oswald, oh good old days
Jonathan Richman
Jean-Marc Lovay
28.10.2009
Café Rubis
"Elle est toujours plus tentée par le diabolo menthe que par le Diable et moi", dit un vieux beau assis à côté de moi, en terrasse du Café Rubis, à propos d'une apprentie comédienne qui vient de monter sur la capitale pour "percer"...
Question du Tigre
Mais qui donc habite au 93 de la rue Jouffroy?
P.29 de la correspondance (Lettres à une amie) entre Georges Clémenceau dit "Le Tigre" et Mme Baldensperger, femme d'un honorable universitaire cornuto. Nrf Gallimuche Collection blanche.
| Tags : réponse : joseph salmon, violoncelliste






