04.11.2009
Presque tout a pour fin le topinambour
Presque tout a pour fin le topinambour
| Tags : roman oswald, série topinambour
Ruy Belo
a rapariga de cambridge
Queria conhecer intimamente conhecer
a rapariga anónima estendida no relvado
ao sol distante de um colégio de cambridge
Perdida na distância nem sei bem
se é uma mulher se rapariga
mais uma das amadas raparigas
Sei apenas que lê não sei o quê
e é simples objecto recortado
na margem verde intensamente verde
após a água mansa que reflecte os edifícios
Urgente é conhecer aquela que só veio num postal
mandado por alguém que certamente não sabia
o que essa rapariga ao sol para mim significaria
Ela devia saber um português profundíssimo
ou talvez as coisas que eu tinha para lhe dizer
as conseguisse de repente dizer num inglês
que fosse a melhor parte de mim
Definitivamente todo este dia-a-dia
contra o qual esmago a minha melhor lança
como que um sobressalto passaria
O meu reino pela rapariga de cambridge
Se eu a conhecesse mas no momento da fotografia
sentindo agora o que à distância sinto
pode dizer-se que seria feliz
Só assim o seria finalmente
há uma força obscura que mo diz”
... et en français (chez L’Escampette), traduit par José Terra et revu par Irène da Silva :
la jeune fille de cambridge
J’aimerais connaître intimement connaître
la jeune fille anonyme couchée sur le gazon
au soleil lointain d’un collège de cambridge
Perdue au loin je ne sais pas très bien
s’il s’agit d’une femme ou d’une autre jeune fille
une de plus parmi les jeunes filles aimées
Je sais tout juste qu’elle lit je ne sais quoi
et qu’elle est un simple objet découpé
sur la rive verte intensément verte
au-delà de l’eau calme où se reflètent les immeubles
Il est urgent de connaître celle qui n’est arrivée que sur une carte postale
envoyée par quelqu’un qui à coup sûr ne savait point
ce que cette jeune fille au soleil pourrait signifier pour moi
Elle devait avoir sans doute une profonde connaissance du portugais
ou peut-être les choses que j’avais à lui dire
j’aurais réussi soudain à les dire dans un anglais
qui eût été la meilleure partie de moi-même
Et à tout jamais tout ce train-train quotidien
contre lequel s’émousse ma meilleure lance
aurait disparu comme une frayeur passagère
Mon royaume pour la jeune fille de cambridge
Si je la connaissais mais au moment de la photographie
en sentant à présent ce que je ressens de si loin
on peut dire que je serai heureux
Seulement ainsi le serais-je finalement
une force obscure me le dit
… Vous trouvez pas que c’est comme si Emmanuel Bove faisait de la poésie ?
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