28.07.2009

Deuûûmandez le Parisien, deuûûmandez !

Je fais dans la récup’ d’écrivains de troisième zone post 45. Quelques « écrivins » qui prennent de plus en plus de place dans mon 9m2. Robert Giraud (Paris, mon pote au Dilettante), Jacques Yonnet (Rue des Maléfices chez Phébus) et les autres, qu’Eric Dussert, prenant la suite de Raphaël Sorin, propagandent à qui voudrait quérir. Leurs stories-to-tell, à ses déclassés ? Paris ; ses rues, ses bistrots ; les surnoms granguignolesques des personnages qui peuplent cette faune, leur vert langage.

Il reste tout de même quelques rigolards chez nos contemporains : Egloff, Chevillard, Foenkinos. En sous-main, Dunneton, le Patron, supervise. Enfin, on reste loin derrière les Fallet (Banlieue sud est), Audiard (La nuit, le jour et toutes les autres nuits), Clébert (Paris insolite). Plus les deux zouaves de l’incipit. Louis-Ferdinand est hors-compèt’. Ça, yapâdir, faut pas toucher.

Allez, un p’tit dernier pour la route, une du grand Bob (Giraud) tiens : « Je ne sais pas comment elle pouvait séduire les gars, c’était une rouquine qui sentait mauvais et portait malheur », ça c’était Mimile l’accordéoniste qui jasait sur … Casque d’Or !

19.03.2009

Je vous saurais gré de passer au Salon

 

 

 

Au Salon du Livre 2009, certains éditeurs n’étaient plus de la partie. Après Verdier l’année dernière, Allia avait choisi de se passer du rendez-vous mondain annuel. Moi-Je profita donc de la journée professionnelle réservée aux bibliothécaires-éditeurs-libraires pour farfouiller chez ceux qui se sont (encore) pris au jeu, ou, pour certains, aux mailles du filet. Mon tiercé gagnant ? Les tables mitoyennes des éditions Finitude/L’Arbre Vengeur/Pleine Page. Le cousinage géographie (Aquitaine) s’accorde avec celui de leurs fonds respectifs où Jean-Pierre Martinet fait objet de déclinaisons éditoriales. Moi-Je ne va pas cacher que les couvertures de L’Arbre Vengeur n’arrivent pas à la cheville des plus kitchissimes du Diable Vauvert… Néanmoins, si Moi-Je ne croit que très modestement à l’esthétique de leur maquette, Moi-Je pose une option question postérité sur les titres que L’Arbre Vengeur ressort des catalogues croupissants de l’oubli, ou simplement, de grandes maisons d’édition comme Gallimard (scoop : Nicolas Etienne va procéder à la réimpression de La Nuit du Rose-Hôtel de Maurice Fourré, dormant actuellement dans la poussière muséale de la rue Sebastien-Bottin). En ce qui concerne Pleine Page, Moi-Je s’est bien fait avoir : ayant acheté l’année dernière un exemplaire de L’homme qui penche de Thierry Metz, il se pointe au stand et tombe sur une réédition revue et augmentée. Malaise. Cette fois, Moi-Je met une truite dans son eau et passe au stand de Finitude. Un très beau travail de mise en page, de la sobriété, des polices tout aussi ciselées que les titres qu’ils mettent sous presse : A hauteur d’homme de Marc Bernard, Dessiner ce qu’on a envie d’écrire de Georges Perros. Des auteurs de seconde zone qu’on achète en seconde main, avec lesquels Moi-Je s’est familiarisés grâce notamment aux éditions Le Dilettante (Henri Calet, Robert Giraud). Moi-Je passe voir les Jacques Josse des éditions La Digitale, voir s’il y aurait un éventuel volume 3 de l’Anthologie critique et poétique (des poètes français nés dans les années 1960-1970), dirigée par Lionel Destremau et Emmanuel Laugier, chez Prétexte éditeur. Enfin, dans un coin bien caché, Moi-Je découvre Le Bon Numéro, alias Vincent Ribault, spécialiste ès curiosités et autres objets de la contre-culture.

 

 

Le téléphone sonne. Ma poche de jean est un trop petit trou pour ne serait-ce que deux doigts gourds. Quand j’arrive enfin à sortir mon portable, j’enclenche involontairement la touche haut-parleur. J’entends à tue-tête La route de Michel Corringe. Puisque le soleil nous jette ses plus beaux rayons, Josse-Evain (sans absorption grâce au trait d’union) me propose d’aller fureter autour de Villa Poissonnière, sorte de pèlerinage. Je rejoins mon compère rue Capron. On prend par le passage Lathuille et là, inévitablement, on fait un signe de croix devant le filet de cintres, passage de Clichy. Comme des mômes, on allonge indéfiniment le débat lorsqu’on se voit proposer des 5 à 7 un peu coquins au Magnum ou à l’Hôtel Régence, Villa de Guelma. Au 42 de la rue de la Goutte d’Or, on se cogne une guezmer en matant les fans morbides qui guettent une réincarnation de leur idole en merde de chien (pas si improbable à Paris…). Récemment, j’ai écrit une chanson pour MONDRIAN (Bar Mitzvah : « Still you take the plunge/At anytime she orders to/To protect and to serve/This running cancer/Under her curfew » = http://mondriantheband.blogspot.com/2009/03/bar-mitzvah-b...) qui fait assurément écho à ce que j’ai lu dans le dernier Emmanuel Carrère (la sœur de sa femme qui meurt d’un cancer du poumon : drainage de liquide pleurale, etc) et à Angora, cette chanson qui clôturait Fantaisie Militaire où Alain Bashung chante à bout de souffle : « Les pluies acides décharnent les sapins/J’y peux rien, j’y peux rien/Coule la résine/S’agglutine le venin/J’crains plus la mandragore/J’crains plus mon destin/J’crains plus rien/Le souffle coupé/La gorge irritée/Je m’époumonais/Sans broncher ». Verdict : nourrissez votre cancer de culture, il vous le rendra un jour [http://tableaudechasse.hautetfort.com/about.html].