08.06.2009
Twin Freaks, Part #13
Le feuilleton du lundi soir 20H45
Part#13 : Un œillet à la boutonnière
On était dimanche et Paris passait en mode long séjour. Le temps suspendu d’une ville de province nous contaminait, nous les Alluvions, en mission Rive Gauche, baignant dans le litron du Rallye.
Tonton en manteau d’hermine, entre autres. Cheveux poivre et sel, cernes, joues cendrées : il était clair que Tonton en manteau d’hermine ne l’était pas. Par-dessus tout, il avait le regard vide de Sterling Hayden, ce qui laissait présager une après-midi dans la saumure.
Pour ma part, je poétisais la situation (Je pratique la picore dans les ramequins de cacahuètes/Posés sur les zincs des bars à habitués de la rue Cassette) quand Brogoli me tapa dans l’épaule avec la sienne :
-Je suis flûtiste de formation, qu’il me dit.
-Qu’est-ça peut m’fout’ ?, fis-je, pour toute désinformation.
Brogoli avait perdu ses pognes en jouant au graisseur sur un cargo. Alors, moi, quand il me disait « je suis flûtiste », je pensais pipeau. Et là, il me siffle du Colette Magny, Melocoton.
Viens, donne-moi la main…
-Qu’est-ce t’en dis, gamino ?
-Waouh, c’est bath, Brogo, vraiment j’suis sur le tarpé, là !
-Attends voir, j’connais tout le répertoire de la Magny…
-Magny-Magnyvelle alors !
Faut croire que c’était pas un si mauvais dimanche.
TO BE CONTINUED
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01.06.2009
Twin Freaks, Part #12
Le feuilleton du lundi soir 20H45
Part#12 : Le bûcher de Giordano Bruno brûle encore
Cantonné à fond de cale avec Tonton en manteau d’hermine (saignant son éternel Chivas des familles), je pensais à l’air frais de la Vallée de Chevreuse, que je n’ai jamais visitée du reste, mais qui symbolise, pour moi et peut-être pour moi seul, l’image du paradis sur Terre.
-Tu reprends pas une tartine au Hénaff, gamin ?
Tonton en manteau d’hermine tenait une santé de fer depuis un certain de temps. J’en étais presque ému aux larmes de le voir enquiller comme ça, alors qu’il y a à peine un an, il était alité à l’hôpital bichatrique. A l’époque, je donnais pas cher de sa peau… mais on ne va pas revenir sur ce temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, ce serait trop se retourner et la nostalgie c’est si morbide.
Me revoilà donc dans la place avec Tonton en manteau d’hermine et l’épisode 12 de Twin Freaks peut commencer.
Le temps de l’incipit et Tonton en manteau d’hermine était déjà passé au fromage.
L’haleine Livarot de Tonton en manteau d’hermine me fit penser à ça : il y a trois choses « chargées » qu’il faut savoir à propos de Tonton en manteau d’hermine : son ardoise (chargée), son haleine (chargée), son colt (chargé). Et apparemment, sa nouvelle compagne n’était pas au courant du dernier point lorsqu’elle avait réceptionné le paquet.
Yvonne Brossard était l’ex du fameux Commissaire Brossard. Tonton en manteau d’hermine l’avait débauchée un soir que son mari tentait, Saint Jean de Dieu pour la 103ème fois peut-être !, d’attraper le tout aussi fameux Le Baron, « le Lucky Lucke des Picard Surgelés » comme l’avait baptisé la presse.
Sophistication de la simplicité : le couple Brossard était les voisins de palier de Tonton en manteau d’hermine. 15 rue Pixérécourt. A ses heures perdues, Tonton en manteau d’hermine sortait sa longue vue et examinait la Grande Ourse, et parfois au passage ce qui s’ourdissait via le verre pas très dépoli du hublot de la salle de bains des Brossard. A l’instar de Giordano Bruno, Tonton en manteau d’hermine démontrait la pertinence d’un univers infini, peuplé d’une quantité innombrable de mondes identiques au sien.
- Tu parles, gamin, j’ai découvert la face cachée de la lune surtout, ah ah ah !, qu’il reconnut avec effronterie (ce con).
Faut dire qu’avec la Vovonne (cette conne), personne ne fut accusé d’hérésie, loin s’en faut ! Même que l’hérésie ça devait l’attiser un chouïa, puisqu’elle se laissa inquisiter toutes les perms que son Commissaire de mari dut observer entre juin 2008 et maintenant.
Donc. Yvonne nous trouva à la sortie du Franco-Belge.
-Vous vous êtes encore huilés le coude en amoureux, qu’elle balança.
-T’inquiète pas, je vais pas t’le piquer ton julot, que j’ui rétorquai du tac-au-tac.
Coup de pot, mon cellulaire sonna. Rougeaud.
-J’vous laisse là Héloïse et Abélard, j’ai du pain sur la planche.
Du zef, oui ! J’avais enclenché la touche radio-réveil.
Donc2. J’étais en sous-marin, derrière les deux tourtereaux qui ne manquaient pas de se bécoter en plein milieu de la venelle. Un moment, une bétonnière déversa une coulée ras le péronet d’Héloïse, mais l’aMOUr avec un grand MOU vainquit.
J’avais un double de clefs de la renardière (pour femmes à renards) de Tonton en manteau d’hermine. Après avoir espionné les deux par le judas des jumelles, et tombant d’ennui, vla’qu’j’m’en vais inspecter les lieux, histoire de me reposer les yeux. Devinez sur quoi j’tombe, j’vous le donne en mille ? Une putain de crème de nuit pour homme ! J’en fus si congestionné qu’elle me glissa et vint s’écrabouiller sur le tapis en poils de framboise. Le drame. Je pris une pub où Rachida Brakni vantait les mérites de l’anglaise lustrée, que je mis en pratique. Foutre, j’me suis vite chapeauté de mon borsalino et j’ai crapahuté quatre à quatre les marches de l’immeuble.
Le lendemain, Tonton en manteau d’hermine me hèle du comptoir du Byrrh des Abbesses. Je m’attends à rendre des comptes. Tout ce qu’il me sort, c’est un couplet sur sa greluche dont la quintessence tient en ces mots :
-[…] Sa femme ne se rappelle même plus du prénom de son Commissaire, comme quoi, ça va de pair : glisser flic et négliger l’affectif. […] Son mari avait beau avoir été de la Mondaine, il n’en avait pas importé le concept à la maison !
TO BE CONTINUED
18.05.2009
Twin Freaks, Part #10
Le feuilleton du lundi soir 20H45
Part#10 : La minute alpine
Bon, dans ces moment-là, où tout s’effondre sous vos pieds, il vous faut petit-déjeuner complet et avoir un ami du nom de Rougeaud.
- Tu vois, j’ai reçu des leçons de l’épisode de la rue Lepic, que j’dis à Rougeaud, et j’en ai tiré des conclusions cinglantes : d’une, il n’est jamais bon de frayer avec moins entouré que Tonton en manteau d’hermine. Deuzio, Tonton en manteau d’hermine a vraiment des goûts de chiotte question gonzesse. Troize, les proprios de saunas dans le Marais feront fortune si les bains douches continuent à faire grève… Ah, j’oubliais : cela se passe toujours comme cela, l’Amour : un jour, la femme infidèle revient. Le mari fidèle l’aime encore, il accepte qu’elle reprenne place. Elle lui est de nouveau infidèle, plus d’une fois, avec des hommes différents. La femme demande alors au mari de partir. Le mari finit chez Lino. Conclusion : je ne veux en aucun cas finir chez Lino, tu comprends Rougeaud !
- Oh, que oui…
La main secourable qu’est Rougeaud me conseilla de laisser reposer la pâte. Je me pointais deux semaines après l’esclandre au domicile de Tonton en manteau d’hermine.
Que dire sinon qu’il seringuait un sixième punch coco et mettait à sécher sur son balconnet les petites culottes de… sa nouvelle petite amie ! Cela ne lui semblait pas désagréable de pendre des cache-sexes à des cordes, jouets du vent laissés volontairement à la vue de quelques prêtres, immanquablement pensifs eux aussi…
- Tonton en manteau d’hermine, tu as oublié, tu me pardonnes ?
- Bien sûr, gamin, tu vois, une de perdu, une de repêchée.
Puis il me fit passer au salon. Il apparaissait très maître de lui, effet renforcé par le fait qu’il caressait inlassablement son labrador.
- Je pourrais passer ma vie entière à caresser Junior.
Tout cela me mit en confiance et je m’asseyais derechef près des petites culottes mouillées. C’est là qu’on atteignit ensemble, Tonton en manteau d’hermine et Moi-je, la minute alpine où tous les deux nous ne savions ni-que-dire-ni-que-faire, mais où nous étions simplement bien ensemble. Par pudeur, je brisais ce point cette cime d’amour par de l’impudeur :
- Dis donc, Tonton en manteau d’hermine, ta nouvelle Esmeralda, elle taille un peu haut pour une mannequin cabine ?
Là, tout se passa très vite : Tonton en manteau d’hermine me prit par le collet et jeta contre le chambranle de la porte, qui s’ébranla du coup. Puis j’ai dû dégringoler jusqu’au RDC, mais j’ai un trou là où ma bosse me fait mal…
Quel caractère détestable que ce Tonton en manteau d’hermine, tout de même ! Je peux juste vous dire que j’ai jonglé. Passent quelques jours, et cette fois c’était lui qui venait se faire pardonner. Enclin aux mesures de clémence, j’acceptais ses excuses. Il m’invita à manger une soupe à l’oignon sur le Carreau des Halles.
- Alors, c’est qui ta nouvelle Eve ?
- Mon nouvel Eden, tu veux dire… Oh, tu sais, à mon âge, il faut pas trop en demander. Elle, c’est une sténo dactylo de la rue où Deleuze-a-sauté. Avec elle au moins, j’défrayerai pas la chronique, si tu vois ce que je veux dire.
- Encore un tendron des Batignolles, alors ?
- Tu l’as dit, gamin !
- Et c’est quoi son p’tit nom ?
- Son prénom est Nuance…
- … Et tout le reste est littérature, hein, Tonton en manteau d’hermine !
- T’as tout compris.
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27.04.2009
Twin Freaks, Part #7
Le feuilleton du lundi soir 20H45
Part#7 : Un bond de géant avec un nain sur mon épaule
J’en étais toujours à chercher un moyen pas trop brutal pour faire comprendre à Tonton en manteau d’hermine la perte irrémédiable de … Au fait, je ne connaissais même pas son prénom à …
- Xavière.
- Quoi, Xavière ! Vraiment ?
- Abitbol, Xavière Abitbol.
- Attends un peu… C’est-y pas la Xavière de la rue des Moines ?
- C’est cela même.
- Cette virago sur tapis râpé, cette…
- Oh là, j’te mets le holà, p’tit ! Alors, t’en es où, dans l’enquête, t’as une piste ?
- Bah, voilà, je voulais te dire que…
- Tu fais le bougre avec tes copains, tu joues à saute-mouton….
- A ce propos, le poto à qui t’as prodigué les premiers secours là, tu sais…
- Le maniéré-là ?
- Heu, oui. Bah, c’était, enfin, c’est…
- Ton ami intime, j’ai compris tu sais, Tonton en manteau d’hermine, pour ces choses-là, il a du flaire… je savais depuis longtemps qu’avec toi, on prendrait de ces routes peu défrichées…
- ?
- T’en fais pas, c’est ainsi que t’es, c’est ainsi qu’on t’accepte... On en parlait avec François-Ferdinand dit « Le Lyonnais », tiens, quand on parle du loup...
François-Ferdinand dit « Le Lyonnais » s’installa avec nous à la 21. La révélation que venait de me faire Tonton en manteau d’hermine sur mon orientation sexuelle me laissait tellement pantois que je fis mon hello-goodbye à la tablée et quittai promptement Chez Lino.
Je savais que tout ce qui est saumâtre excitait sa curiosité, mais là, Tonton en manteau d’hermine abusait façon !
Dire que j’avais failli y passer pour cette barrique sur pattes, sa feumeu... "La rouquine à la Gitane Maïs", c'est comme ça que je la surnommais, ouaih comme ça. Pour vous la décrire, c’est simple : vous prenez un rondin, et vous l’échanger contre un rondin aux bords libres. Par contre attention, la Xavière, elle est parfaite pour une chose : parfaite à mettre en pâte ! Déjà toute reluisante, elle fera un pâté en croûte (et sa gelée) inimitable. Son ventre n’est jamais vide et c’est un ventre où courent des vipères de graisse à vous dégoûter de. Elle a toujours des coquilles de pécan entre les teeth, et pour coller au pittoresque, elle se les cure avec un Laguiole de contremarque.
Après une longue marche thérapeutique autour de la place de Clichy, je décidais qu’il en était mieux ainsi : préserver la dignité de Tonton en manteau d’hermine en m’ôtant délibérément la mienne.
Je suis un homme, quoi de plus naturel en somme
C’est ainsi que je fus amené à jouer double jeu avec Tonton en manteau d’hermine. N’étant « intime », El Chincho était devenu un ami proche. On s’tapait des tapas ensemble, on tapait le carton ensemble MAIS ON N’A JAMAIS FAIT LA RETAPE ENSEMBLE, COMPRIS ! Le truc qu’on aimait par-dessus tout, c’était de s’mater Las Hurdes de Luis Bunuel en boucle… Guère on ne parla de Xavière, d’ailleurs jamais je ne l’entraperçus, la rombière.
Et puis un jour…
Je devais retrouver El Chincho rue Blomet, en passant par la RN 88. Déjeuner d’affaires à L’Auvergne à Paris, un resto où Pépé, avec son monocle sur le chtard, tient les comptes. Pépé, il a toujours un crayon sur l’oreille, un petit crayon de la taille d’une craie. Il le suçote à longueur de services. Pépé, il vous dira toujours : « Un crayon, ça fait appliqué. Un crayon, c’est pour les pointilleux comme moi. Pas de pitrerie avec, ne touchez pas à mon crayon ! » Comme un Espagnol ne sort jamais sans son couteau, un Auvergnat ne sort jamais sans son crayon… Bref. On n’est pas là pour épiloguer sur Pépé.
Elle m’avait pas trop à la bonne la Xavière, et ça tombait bien, parce que moi non plus. Une villageoise qui fleurait bon l’arrière-pays, dédaignant le soutien des déodorants de la « capitôle ». Ce qu’elle sentait la vache ! Et puis il devait y avoir eu aussi un embargo sur son haleine, parce qu’à ce niveau-là de l’engin, ça sentait le fauve. Xavière Abtibol, ou La Ménagerie.
Et puis un jour…
Je reçois un pneumatique. On reste dans la ménagerie : elle me confiait son canari pour les vacances.
TO BE CONTINUED
20.04.2009
Twin Freaks, Part #6
Le feuilleton du lundi soir 20H45
Part #6 : Il ne viendra pas, il ne viendra pas…
Me revoilà avec mon pansement usager sur la gueule, le sang qui poisse. On s’était dit rendez-vous dans dix minutes place des Grands Zob’, avec Tonton en manteau d’hermine. Je devais lui apprendre qu’il devait faire une croix sur sa Ginette. Après une heure en troufion à guetter l’hermine du manteau de Tonton, je larguais les amarres. Rien de plus concret qu’une Mégane gris chromée de la B.A.C.. La police au service du peuple ne porte jamais qu’un simple soupçon envers ceux à qui elle devrait rendre service en premier.
- Hop, hop, hop !
- Ne vous dérangez pas pour moi, je ne fais que passer !
- Eh, le collégien-là, montre un peu ta balafre à Papa.
A court de ressources rhétoriques, je devais m’exécuter.
- Alors là, je dis oui, jackpot ! lança un expert en purulence.
Peut-être que ceci (?) explique cela (?) : ils me laissèrent repartir. Allez expliquer la logique d’un flic !
Je marchais maintenant dans la ville comme si je venais de m’évader de Bois D’Ar’. Je ne me suis jamais fait à l’idée de devoir obéir à des gens qui ont la légitimité d’exercer une autorité sur vous. Une de mes Prof’ en Sorbonne disait toujours : « La légitimité n’existe pas ». Celle-là, elle a fait une génération d’artistes auto-proclamés… Bref, toute cette histoire m’avait tellement rogné sur les neurones que je décidais d’aller terrasser cette fin d’après-midi au Faune.
Chez certaines espèces, humaines ou animales ou les deux en même temps peut-être, la crasse est une seconde peau. Un groupe illustrant ce que je viens de définir se désaltérait à proximité. Leur discussion semble houleuse, même si je présume qu’ils ne parlaient pas des confiscations au lendemain de la Révolution. C’est alors que ce que va dire Roby se détachera d’une manière brutale :
- Un prisme triangulaire rencontrera à l’aube végétale la première lumière du jour et projettera un spectre de sept couleurs sur le mur du 58 de la rue Riquet.
Je me suis dit qu’il ne manquait pas d’audace, le gros Roby ! Reste que ses fortes têtes semblaient tout gober et s’en remettre corps et âme à lui. Les traits paresseux de son visage encore adolescent restaient en position syncopée depuis qu’il avait annoncé la grande nouvelle. Les miens aussi…
Deux heures deux Leffe plus tard, je n’avais toujours pas encaissé ce qu’avait dit Roby. Candide pour candide, je décidais d’assister au spectacle. Pour pas louper les pyrotechnies du petit jour, j’avais choisi de pioncer ce qui restait de nuit dans le carré vert longeant l’allée des Orgues de Flandre. Les ombres trop remuantes des arbres transformèrent mon sommeil en plusieurs siestes plus ou moins égales à 16 min 38. C’était vraiment le lieu privilégié pour l’exercice d’une sexualité entre une personne consentante et une autre qui ne le serait pas. Je vis un clodo et ne sus jamais vraiment si ce fut sa méfiance qui l’emporta sur sa timidité ou le contraire. Le drelin-dring de mon portable fit sauter ma couverture de feuilles. Heure dite, lieu dit : personne.
Deux lapins en deux jours, le compte était bon, j’avais plus qu’à aller finir ma nuit au sec. Or, une Mégane gris chromée arriva à ma hauteur…
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13.04.2009
Twin Freaks, Part #5
Le feuilleton du lundi soir 20H45
Part #5 : Touch me chou
Je vous avais laissé la dernière fois sur cette phrase « Dépêche-toi, bon sang, les mouches sont peut-être déjà en train de pondre au coin de des lèvres de Tonton en manteau d’hermine », ou pas. Je ne me souviens plus. Il s’est passé tellement de choses depuis. Je me suis fait kidnappé par la bande d’El Chincho lors de mon service de nuit.
Dans un Espagnol de cuisine, je leur demandai où l’on se trouvait exactement :
- Os Desposs.
Pourquoi mon rire ne provoque pas le rire de mon voisin?
- Au quoi ?
- Au Dépôt, idiot, beugle un autre gorille qui me met une mandale et un aller simple pour Coma City.
(Longtemps après…)
Oui, c’est bien une figure des plus curieuses qu’il m’ait été donnée de rencontrer jusqu’à aujourd’hui. Ma main est mon gant de toilette. Je repassais une paume réparatrice sur l’ébaubi de mon regard, au cas où moi mal réveillé. Mais non. El Chincho était bien en train de laver les racines plantureuses de ses cheveux dans le Trou du Diable, c-a-d un ancien modèle de sanitaire Jacob Delafon avec bouton intégré au couvercle. Dieu soit loué, Japan de Cocorosie couvrait les obscènes clapotis de cette scène.
- Ecrire sur toi, El Chincho, sache que j’envisage de plus en plus cette éventualité…
Je préférais qu’il ait ma confiance que mon affection.
Je mis une épingle sur ma manche et fis un nœud à mon mouchoir. Pourquoi ? Pour l’attitude ! Et puis les symboles, vous les analyserez plus tard. Pour l'instant, El Chincho voulait que je lui présente Tonton en manteau d’hermine pour une discussion entre hommes autour d’un Pouilly. On passa une tête dehors. Il faisait horriblement froid, les chevaux fumaient, enfin les voitures. Je dis à El Chincho que je n’étais pas né téméraire et que je marquerais probablement une cassure avant la ligne d’arrivée.
- Va t’en voir à Roscoff si j’y suis, me fit-il.
Il m’épargna la marche dans la neige et me prit sur ses épaules. Qui l’eut cru ? Mes couilles étouffaient dans l’âcre concentration de ses cheveux, mais nul, d’El Chincho ou de moi, ne se plaignait, puisque nous avions tous les deux la même eau de toilette. A aucun degré je condamne le sexe déluré, mais là… Les passants nous regardaient en pensant aux Chevaliers de l’Ordre de Malte et à ce temps où les hommes s’en battaient les flancs de passer pour des putain de grosses tatanes. Rien de notable sinon dans les rues que nous arpentions. Passage des Soupirs, il y eut un cafouillage technique. Le vent faucha un journal qui faucha la jambe gauche d’El Chincho. Il tituba dix bons mètres puis m’emporta dans sa chute. J’eus la partie gauche du visage qui finit en ratatouille. Je m’étais toujours laissé dire que, pour un écrivain traveller tel que moi, ne pas avoir de stigmates physiques était handicapant. Pensez à Blaise. Un pansement cachera désormais la moitié de mon visage. Plus handicapant encore, il y eut un bruit de noix pilées que personne n’identifia sur le coup. Mes couilles, vous vous dites ? Eh oui, mes petites boulettes chéries… Et avec elles, les amours commençants se finirent bientôt très vite. Amélia, Cathy, Suzanne… Quand je leur avouerai l’unique de ma nouvelle condition d’eunuque, obligé je les verrai me dire au revoir avec les yeux.
Inconsolé, j’aurais pu me laisser sécher sous les branches de sassafras… Mais trahison qu’est le suicide. Et s’il n’y avait que cette solution élitiste pour tous, pas étonnant qu’on ait perdu la guerre, pas vrai ? Hum, bref, je remontai sur mon cheval. El Chincho, boitant de la guibole et la clavicule déboîtée, assurait encore comme canasson. L’ombre d’une seconde, j’envisageai Longchamp, ses dames chapeautées jouant des jumelles et le reste n’étant que littérature… ou comment la dure réalité des marches glissantes de la Villa Georgina me ramena à la raison. Symétriser nos blessures à défaut qu’elles ne cicatrisent. Lorsqu’on poussa la porte du Lilac Wine, Tonton en manteau d’hermine porta tout de suite les premiers secours à El Chincho. On était si amoché que Tonton en manteau d’hermine ne calcula pas que l’homme à qui il portait les premiers secours (et donc, entre autres, à qui il faisait du bouche-à-bouche) n’était autre que l’homme qui désormais embrassait sa femme. Tonton en manteau d’hermine buvait vraiment toujours la coupe jusqu’à la lie. Quant à Moi-Je, à ce qu’il paraît, je ne cessais de crier : « Je veux descendre ! Je veux descendre ! ». Mais de cela, je n’ai aucun souvenir…
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06.04.2009
Twin Freaks, Part #4
Le feuilleton du lundi soir 20H45
Part#4 : Dynamitage d’un train en perte de vitesse
Les tribulations de votre serviteur n’ont pas de limites. Aussi, je vais vous décrire ma contribution à l’effort de guerre contre les Latinos du Marais : emmitouflé d’un boa, ceinturé de clous, chaussé de talons aiguilles, je donne désormais dans la petite vertu. Dans la rue des Mauvais Garçons, chez Fenouille (un trav qui m’a prêté ses accessoires, et qui m’a prévenu : « On ne compense pas un physique ingrat, on devient autre »), je titube, d’ivresse et de honte. Pour infiltrer le réseau d’El Chincho, je dois investir sa rue, la rue Vieille du Temple, et appâter mon lot de détresse humaine. Je n’ai aucunement l’intention d’en faire monter à l’étage. Or, jamais je ne me suis senti aussi humaniste que sur ce bout de trottoir. Il y a ce garçon handicapé,Trombloc qu’on l’appelle, qui ne demande qu’une chose avant de mourir : au moins une fois jouir. Je songe à me défiler. Ça me déplaît souverainement de coucher avec un garçon. Mais lui, allez comprendre, je m’y voyais assez, et le pire, c’est que je le fais. Avec un naturel déconcertant par ailleurs. Hop hop hop que je l’ai aidé dans sa petite affaire. C’est grâce à Trombloc que j’ai gagné mes galons, au Macadam Monoï du Marais. Néanmoins, je garde bien en vue ce pour quoi je suis là et chaque fois qu’El Chincho rentre dans le sauna, je le salue avec un sourire en coin.
Après une semaine de planque, l’étau se resserrait. El Chincho revint trois fois au Macadam Monoï. Le pré reverdit, puis nuage, et le blé était noir. Il ne le fréquenta plus. J’attendis en vain durant deux semaines. De jour en jour, la peinture de mon maquillage s’écaillait. Lentement, la clientèle (c’est-à-dire les puceaux en fauteuil roulant, si vous suivez bien) m’esseulait. On m’avait repéré.
Je devais tirer tout cela au clair avec Mère-Grand, mon Professeur Gamberge rien qu'à moi. Séance debriefing :
- Ce qu’il en est ? Rien.
- Si tu te mets en tête d’aller au bout de toi, tu dois aller jusqu’à te perdre, toujours sans rien redouter, sans jamais douter, et tu y arriveras parce qu’arrivé au milieu de nulle part, tu verras le rien qui fait le tout.
- Arrête ton char, René.
- Crois-tu que tu en as fait assez ?
- Oui. Et puis, Mère-Grand, sur quel principe te bases-tu pour me tailler là-dessus, t’as déjà tapiné, toi !
- Seulement les jours ouvrables !
- Ah, c’est fin…
- Et Rougeaud, il t’épaule pas ?
- Cet espèce de pou a quitté son emploi de taupe pour celui de marmotte. Il dort 24 sur 24, impossible de le sortir de ses couvertures.
- Tu m’la copieras, avec ton équipe de branquignols…
- On fait avec les moyens du bord… Bon bon, mon témoignage a force de réquisitoire, que me proposes-tu, Mère-Grand ?
- De poursuivre, toujours poursuivre.
- Je sais, je sais, c’est ton slogan… Mais encore ?
- A force de te retourner les ongles, tu trouveras la source.
Le lendemain, après cette entrevue frustrée de confrontations, je traînais, pour aller au turbin, heu pardon, au tapin. Je grignotais un quignon 7 céréales place Sainte-Catherine, quand je me fis happer par un coude délétère. Moi, l’homme à abattre, la cible ? Vous déconnez ! Ah, non, vous n’déconnez pas ? Telle une walkyrie chevauchant le beau Danube bleu, je me laisse charrier d’un trottoir passant à un autre trottoir moins passant (peut-être volontairement). Si mon interlocuteur voulait causer tiercé, j’étais plutôt ok.
- Je suis Desperados.
- Pourquoi, y’a un os ?
Aussi sibylline fut sa présentation, je pus entrapercevoir trois doigts sur cinq retournés et les deux restants bijoutés. Je pensais tout de suite qu’il était un homme de mains d’El Chincho. En tout cas, je n’aurais jamais pensé au Gang des Slammers Delermiens –d’ailleurs, après quelques renseignements saisis çà et là, ce n’était pas eux. Le film de ma vie se déroula en noir et blanc lorsque je vis ces trois doigts affreux (mais vraiment !) me toper la tête. Après, du reste, je ne me rappelle plus – je pourrais transformer ce rien en littérature, mais à quoi bon…
TO BE CONTINUED
30.03.2009
Twin Freaks, Part #3
Le feuilleton du lundi soir 20H45
Part #3 : Un second couteau
En tout bon étudiant des HELS (Hautes Etudes du Lien Social) qui se respecte, je m’en allais dès poltron-minou voir Mère-Grand. Mère-Grand n’est pas ma granny mais un H2O. C’est comme ça qu’on appelle les hommes incarcérés dans le bâtiment hautement et étroitement surveillé de la prison de Tchin-Tchin. Vous aurez compris, Tchin-Tchin est un délicat jeu de mots entre Sing-Sing et La Santé. Suite à une condamnation émanant du tribunal militaire, on l’envoya roucouler des jours meilleurs sous les cocotiers en plastique de Tchin-Tchin. Les lettres asilaires qu’il m’envoyait me reste encore en bouche : « Ici, la serre est gelée. De jour en jour, on se vautre un peu plus. Hier, j’ai réussi à prendre une orange en otage, une de celles que Karim L’Ancien nous vend pour le prix de 3 ». Foin de paperasserie, parlons de Mère-Grand post-mitard. Quand je suis en froid avec Mère-Grand, j’appelle quelqu’un de précis à la rescousse. Lui aussi est un HELS’s ANGEL. J’admire les gens qui savent rester léger en toute circonstance. Rien qu’à côtoyer ces gens-là et ils vous allègent. L’exemple-type : Rougeaud. Rougeaud est un fluide pour moi. Il me facilite l’accès à l’autre. Avec Rougeaud, je m’abandonne littéralement au monde. Tout devient si simple, et surtout, tout recommence comme avant et c’est autant de gagné pour l’avenir qui nous désigne toujours perdant. Grâce à Rougeaud, je suis sûr que Mère-Grand va m’offrir le tea & sympathy, et grâce à Rougeaud, Rougeaud deviendra rougeaud, à force de petits remontants qui deviennent grands… La fin de l’après-midi se déroule au son de La Callas ou-je-ne-sais quel opéra de quat’ sous, d’ailleurs je m’en fous, on est là à la fraîche et ce qui m’importe, c’est de récolter quelques infos sur El Chincho. Je demande à Mère-grand si ce nom a déjà été zézayé en zonzon.
- Qui t’a parlé de lui ?
- Tonton en manteau d’hermine.
- Qu’est-ce qu’il lui veut ?
- Hé, oh, c’est-y pas moi qui suis censé poser les questions.
- Plus maintenant. Pourquoi Tonton en manteau d’hermine veut en causer à El Chincho ?
- Histoire de fesses.
- Merde. On va finir avec du sang sur les mains. L’honneur du mâle, c’est le musée-cimetière ici-bas. On va devoir battre froid le chaud lapin.
- T’explicites, ou tu laisses ça à Champollion ? dis-je en pointant du doigt Rougeaud, pionçant tout rencogné dans sa chauffeuse.
- Gamin, tu connais ma certaine réticence certaine à la culture…
- … (je me la donne modeste)
- Il va falloir que tu passes en première ligne.
- P’tain, je l’attendais celle-là, c’est toujours sur moi que retombe le sale boulot.
J’eus pour first mission de m’introduire dans le milieu très fermé des Latinos du Quartier Latin. Ce qu’on avait oublié de me dire, c’est que le Quartier Latinos s’étendait jusqu’au Marais.
- Tu m’aurais pas pris pour un bleu, Mère-Grand ? El Chincho, c’est une tatane, et tu le savais.
- Bien sûr. Je voulais que tu tâtes le terrain. Alors ?
- Alors, quoi ? Si tu veux que je te raconte que ces mecs, c’est pire que LaToya, bah ouaih, c’est pire. Leur Q.G., c’est le Palace Grande Epoque.
- Dis-moi en plus, voyons.
- OK, je sens l’incompréhension entre générations. On dirait que l’appétit du gain a permis à El Chincho de s’octroyer une bonne part du Ghetto. Laisse béton, Mère-Grand, on est gris, Tonton en manteau d’hermine peut se cuisiner des souvenirs.
- Gredin ! Ça fait combien de fois qu’à la distribution des médailles de fin d’année, tu ne ramasses rien ?
- … (je la joue comme Beckham)
- Bon, alors tu vas m’écouter maintenant et tu vas m’obéir au doigt et à la baguette : tu vas te débrouiller pour intégrer le clan des Latinos, peu importe le prix à payer, et le bizutage à subir !
- P’tain, Mère-Grand, si tu voulais m’ériger en martyr du Marais, tu ne ferais pas mieux !
- T’as tout compris, pour une fois, je commençais à me demander…
TO BE CONTINUED.
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26.03.2009
Twin Freaks, Part #2
Aparté exceptionnel au feuilleton du lundi soir 20H45
Part #2 : Bon début pour une souffrance
Jamais je n’eus pensé ajouter une page à l’Histoire de Twin Freaks aujourd’hui ! Je quitte mon nid pour vaquer à de la consommation nonchalante, entre terrasses de café et vitrines de shopping désintéressé. Pourtant, dès le pas de ma porte, je me sens comme un vieux marcheur devenu un vieil homme marchant. Si cette infime chose aurait dû avoir valeur de présage – c’est ce que l’on se dit après, je ne prends guère la peine de la décrypter. Je me pose là pour sentir et faire ressentir, le reste, à d’autres la réponse. J’atteins laborieusement l’A.P.C. Surplus de la rue André de Sarte où le 80’s kids des Curry & Coco carillonne. Je m’éponge le front avec un mouchoir. J’échappe de peu au malaise dans une friperie bondée rue Lamarck Caulaincourt. Accablé de rhumatismes, j’échoue finalement dans une brocante rue Legendre où j’hésite mais non pour un Perfecto groseille. Je me pose au Byrrh des Abbesses. Pour me remettre de ce marathon, je commande une part de tarte à la rhubarbe accompagnée d’un diabolo banane. A la tablée voisine, des métrosexuels se comparent le mastar. Et (et ne confondons pas mon naturel très ouvert avec cette indiscrétion de laquais) j’entends :
- Celle-là, OK, tu l’as pas volée, mais El Chincho a une liane qui traîne par terre, même qu’il est obligé de l’enrouler, je l’ai vue comme j’t’vois, il s’en est servie pour tarter un mauvais payeur, tiens pas plus tard qu’l’autre jour !
Dans ces conditions, qu’un seul truc à faire : aller rendre visite à Mère-Grand pour décortiquer l’affaire.
TO BE CONTINUED
23.03.2009
Twin Freaks, Part #1
Le feuilleton du lundi soir 20H45
Part #1 : Alors je reste mais deux minutes c’est tout hein
En m’attendant, François-Ferdinand dit « Le Lyonnais » et Tonton en manteau d’hermine conversaient en remplissant le cendrier. Sur Rochechouard Street, y’a que Chez Lino où on peut griller cibiche sur cibiche sans prendre un macaron. Ça fait belle lurette que les uniformes ne s’aventurent plus dans les environs ! Rien qu’avec la galerie de gueules cassées qui trône près des flippers, je pourrais tenir chronique sur quatre saisons de « Twin Freaks ». Y’a Cellophane et son sac plastique en bandoulière avec dedans uniquement de la ferraille, y’a Quinconce qui fait l’aller-retour entre le Lino et le Royal Moulin (on Clignancourt Avenue), y’a l’ancien patron du To Be de la rue Delambre qui vient dilapider sa retraite et pas bégueule qui en fait profiter ses camarades de chambrée d’Algérie… Voilà quelques indications liminaires pour des préliminaires contre-indiqués chez Lino. Perso, je préfère être lâché à la première sortie d’autoroute. Quand Tonton en manteau d’hermine m’a appelé hier soir pour me donner RDV chez Lino, j’ai tiqué.
- Oh, nan, pas chez Lino !
- Si, si.
- Tonton en manteau d’hermine !
- A 8 heures moins le quart, sinon je loupe le match après.
- Et pourquoi tu tiens tant à me voir, et en plus chez Lino ?
- Je t’expliquerai.
Vous savez ce qu’est un péché véniel ? C’est piocher dans le ramequin de cacahuètes du zinc de chez Lino. Cellophane ne s’est plus lavé les pognes depuis la première communion de sa grande sœur, jour où il réussit, enfin !, à mettre la main au panier de Georgia, la fille du coupeur de joint de la rue Haxo. En ce qui concerne les mains de Quinconce & Co, dans l’intérêt des familles, je n’irai pas plus loin. Quand Tonton en manteau d’hermine me voit ainsi picorer avec les affreux, il me fait signe de rappliquer dare-dare à la table 21. François-Ferdinand dit « le Lyonnais » refuse de me serrer la main, il a vu que je l’avais graissée au beurre de cacahuète. Quand nous sommes plus profond que notre geste, de l’art naît. Je lui dis d’aller se faire voir. Tonton en manteau d’hermine ricane dans son coin et demande aussi sec notre attention.
- Voilà, toi l’gamin et toi l’Franz, vous allez m’aider.
- Ah, nan, Tonton en manteau d’hermine !
- Tais-toi.
- J’ai besoin de redorer mon blason. J’me suis fait chier d’ssus par un vendeur de faux parfums. Tchéky Karyo, vous connaissez ?
- Hein ?
- Non ? dit Tonton en manteau d’hermine.
- Pourquoi ? dis-je.
- Parce qu’il lui ressemble.
- C’est tout ?
- Oui.
- T’aurais pas un autre indice sous ta doublure de lustrine, Tonton en manteau d’hermine ? Parc’que là, c’est chiche et pois cassé…
- Oui. Son blaze c’est El Chincho. Il crèche quelque part vers Répu’.
- Kesskitafé ?
- Il m’a piqué l’amour de ma vie.
- Ah, c’est vrai que c’est très prisé en ces temps de récession, l’amour… à raison, d’ailleurs.
- Pourquoi tu dis ça, gamin, t’es « in love » ?
- Bah, comment tu parles Tonton en manteau d’hermine, kesskitepren ?
- Je suis seul. Ça me desseulerait un peu de te voir bras coudé dessous une greluche.
- C’est filet mignon c’que tu m’dis là, Tonton en manteau d’hermine.
- Bon, je compte sur l’assurance de votre discrétion, chers z’associés.
Je vois au loin le mât jaune du métro. Sur le mur d’un Hippopotamus en restauration, une affiche jaunie du dernier album de Jean-Louis Murat me présente ses hommages. Tiens, ça fait longtemps que je ne me suis pas ouï Au Mont Sans-Souci…
TO BE CONTINUED





